Selon la directrice générale de l'établissement, Suzelle Mongrain, l'organisme ne pourrait pas se permettre de voir ses subventions diminuées cette année. «Nous avons obtenu moins d'argent ces dernières années, car nous avions un peu moins de dossiers à notre charge. Cependant, pour assurer une bonne qualité à notre clientèle, nous ne pouvons plus couper nulle part», soutient celle qui célèbre cette année les 20 ans de son organisation. D'ailleurs, Mme Mongrain affirme que la plupart des autres organismes semblables au Québec bénéficient d'un budget beaucoup plus important pour opérer. «Je sais qu'à Saint-Hyacinthe, Longueuil et Québec, plusieurs associations comme la nôtre profitent de subventions atteignant le double de ce que nous recevons annuellement, ce qui permet d'assurer plus facilement leur pérennité», mentionne celle qui dirige un des rares organismes dans la région à être ouvert 365 jours par année.
Pour l'instant, la Maison de la famille s'occupe de 138 dossiers, mais elle pourrait voir ce nombre augmenter si la rencontre de la semaine prochaine se déroule positivement. «Même si nous comptons plus de 130 dossiers en ce moment, nous en avons beaucoup en attente. Si nous sommes en mesure d'avoir plus d'argent, cela nous permettra de bonifier notre effectif», souligne la directrice générale, qui compte actuellement six employés sous sa gouverne.
Détecter les signes
Mme Mongrain est également revenue sur le drame familial survenu plus tôt cette semaine à Warwick. D'après elle, l'entourage de la famille doit demeurer très alerte dans ces cas-là. «C'est sûr que c'est difficile à prévoir ce genre de choses, mais dans des situations semblables, il faut que les proches de la famille tendent l'oreille. Les personnes en détresse sont bien souvent tellement occupées avec leurs problèmes qu'elles ne pensent pas à demander de l'aide», croit la responsable, qui offre aussi un service de garderie, une fois par semaine. Elle prétend par ailleurs que les organismes comme la Maison de la famille permettent bien souvent d'éviter ce genre de tragédie, mais qu'ils souffrent parfois d'un manque de visibilité. «Dans le cas du drame de Warwick, je sais qu'une association à Victoriaville aurait très bien pu lui venir en aide. Cependant, trop souvent les gens ne savent pas que de tels recours existent», rappelle Mme Mongrain.
La directrice générale pense aussi que si de nombreux drames familiaux sont répertoriés ces dernières années, c'est que nous vivons une période de transition. «Cela ne fait pas très longtemps que les familles recomposées existent. Il faut que les gens apprennent à collaborer ensemble même après le divorce, pour que leurs enfants puissent se développer dans un environnement sain. Il faut aussi qu'ils sachent que nous sommes là s'ils ont un problème», conclut-elle.