Temps difficiles pour les petits gâteaux

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Les petites douceurs fabriquées chez Pâtisserie Chevalier s'envolent moins rapidement... (PHOTO: SYLVAIN MAYER)

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Les petites douceurs fabriquées chez Pâtisserie Chevalier s'envolent moins rapidement des tablettes dans les supermarchés, provoquant ainsi un ralentissement de la production à l'usine du secteur Shawinigan-Sud.

PHOTO: SYLVAIN MAYER

Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) La santé de Pâtisserie Chevalier, établie dans le secteur Shawinigan-Sud depuis 1986, s'est déjà mieux portée. À la fin de l'hiver dernier, le quart de travail de nuit a été éliminé en raison d'une baisse de la demande, mais la direction souhaite que le lancement de trois nouveaux produits au cours des prochains jours, combiné à un nouveau volume de production et à l'habituelle effervescence de la rentrée de septembre, favoriseront un rythme plus élevé.

Certains employés ne peuvent cacher une certaine inquiétude devant cette cadence moins soutenue. Martin Pelletier, conseiller syndical à la section 503 des Travailleurs unis de l'alimentation et du commerce, reconnaît que la tendance de fond au sujet des saines habitudes de vie ne rend pas les gâteries sucrées très populaires.

«La production a grandement baissé», convient-il. «Ça suit le marché. Les compétiteurs vivent la même chose. Nous ne sommes pas dans une branche très populaire. Tout ce qui touche au sucre ces temps-ci a très mauvaise presse.»

«À l'heure actuelle, manger un gâteau dans une cour d'école, c'est presque contre la constitution! Quand j'allais à l'école, je m'apportais des chips et du chocolat et je faisais de l'exercice. Je suis en pleine santé. Mais aujourd'hui, on ne peut même plus manger une barre tendre si elle contient des arachides. Si tu te promènes avec un yogourt, tout est parfait mais si tu as un mille-feuilles, t'es un cochon! C'est à peine caricaturé, malheureusement.»

L'élimination du quart de travail de nuit, en février, a provoqué une vingtaine de mises à pied. De ce nombre, environ la moitié est demeurée sur appel, pour remplacer des vacances ou des maladies. Cet été, la direction a d'ailleurs décidé de ne pas engager de personnel temporaire pour permettre aux victimes de l'élimination du quart de nuit de travailler un peu plus. Pâtisserie Chevalier emploie maintenant autour de 80 personnes.

«La baisse de la demande du marché des petits gâteaux nous a forcés à faire des mises à pied temporaires à notre usine de Shawinigan», explique Patrick Dionne, vice-président, exploitation pour le Québec chez Canada Bread, propriétaire de Pâtisserie Chevalier depuis 2007.

«Nous avons aussi réduit le nombre d'heures aux employés de jour et de soir. C'est malheureux, nous regrettons les impacts négatifs.»

Le lancement de trois nouveaux petits gâteaux, vraisemblablement la semaine prochaine, pourrait toutefois contribuer à hausser la production.

«C'est toujours difficile à prévoir», tempère cependant M. Dionne. «Il faut évaluer si ça cannibalisera d'autres produits et le succès sur le marché. Ce n'est pas facile à évaluer l'impact net. Avec les mini-gâteaux Chevalier, nous attaquerons la catégorie des produits à meilleur marché. Ce seront des gâteaux aux bananes, aux pommes ou au chocolat.»

Mais surtout, la division québécoise de Canada Bread vient d'annoncer le transfert de la production des pâtisseries Éclairs de Beauport à Shawinigan en septembre.

Des investissements sont prévus à l'usine du boulevard Industriel. «Des heures seront également ajoutées au carnet de commande régulier», ajoute M. Dionne. «Il s'agit d'un message positif pour les employés de Shawinigan. Nous comptons aussi sur les variations saisonnières de la demande. Le retour à l'école ramène, de façon générale, un volume additionnel.»

Le dirigeant ne peut évidemment prendre aucun engagement sur le moment de la reprise du quart de travail de nuit, le cas échéant. Tout dépendra de l'évolution du marché.

De son côté, M. Pelletier précise que la convention collective demeure en vigueur jusqu'en 2014. Les relations de travail semblent plutôt bonnes malgré ce contexte difficile.

«Il n'y a pas de problème majeur à l'usine comme telle», émet-il. «C'est simplement une question de marché. Gérer des mises à pied, ce n'est jamais intéressant.»

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