Des pistes d'explication au drame de Warwick

Suzanne Léveillée, professeure au département de psychologie à... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

Agrandir

Suzanne Léveillée, professeure au département de psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

Mathieu Lamothe

Mathieu Lamothe
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Suzanne Léveillée, professeure au département de psychologie à l'Université du Québec à Trois-Rivières se penche sur les drames familiaux depuis plusieurs années afin de tenter de les comprendre et arriver éventuellement à les prévenir. Il est cependant difficile pour elle de mettre précisément le doigt sur la cause des drames comme celui survenu mardi à Warwick au Centre-du-Québec.

Malgré le fait qu'on ne connaisse pas tous les détails ainsi que les circonstances de cette tragédie, qui a coûté la vie à Jocelyn Marcoux ainsi qu'à ses deux enfants, la professeure soutient qu'il y a des éléments qui ressortent généralement de ces tristes événements, connus sous le nom de filicides. La perte de la garde des enfants ou un changement dans son fonctionnement font notamment partie de ces éléments.

Fait à noter, il y a eu plus d'une soixantaine de cas de parents qui ont tué leurs enfants depuis 10 ans au Québec, dont une quarantaine impliquant des hommes. Dans 20 % d'entre eux, l'homme s'est suicidé après avoir posé ce geste inexplicable.

«C'est sûr que la perte des enfants est un élément important. Au lieu de vivre la perte, la personne qui ne la tolère pas va la tourner en grande colère et en rage. C'est comme une incapacité ou une très grande difficulté à tolérer la perte», explique Mme Léveillée.

Cette dernière ajoute que les hommes qui en viennent à commettre l'irréparable éprouvent également souvent de la difficulté à faire la part des choses, notamment en ce qui a trait à leur ex-conjointe lorsqu'ils sont séparés ou divorcés.

«Ils sont portés à voir les choses tout en noir ou tout en blanc. Ils sont tentés par exemple de voir la mère des enfants toute mauvaise sans y voir de positif. Et c'est souvent lors de moments de grande charge émotive que ce mécanisme-là vient prendre le relais», précise-t-elle.

De plus, il n'existe pas de portrait-type ou de profil psychologique précis des individus susceptibles de poser un geste aussi extrême.

Mme Léveillée se permet cependant d'avancer que ces derniers sont souvent des personnes fragiles qui peuvent avoir vécu des événements traumatisants dans le passé.

«C'est sûr que si la personne vit un stress relatif à ses enfants et qu'elle a vécu un événement de violence ou autre dans son passé, ça amène un autre facteur de risque», fait-elle remarquer.

En ce qui concerne le rapport contenant des recommandations pour tenter de prévenir les drames familiaux qui devrait être déposé auprès du ministère de la Santé au cours du mois d'août, Mme Léveillée espère qu'il permettra de trouver des moyens afin d'amoindrir l'importance de ce fléau.

Elle a d'ailleurs rédigé etdéposé un rapport semblable en 2008. «Ce n'est probablement pas possible d'enrayer tous ces drames. Mais il faut essayer le plus possible. Il y a peut-être quelque chose qui pourrait être mieux développé en ce qui concerne l'aide offerte aux hommes en détresse. Mais c'est certain que ça prend des budgets pour faire ça», laisse-t-elle tomber.

Partager

lapresse.ca vous suggère

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer