L'auberge de Saint-Paulin a reçu hier la confirmation d'une subvention de 25 123 $ de la part du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec. Le projet total de 50 000 $, échelonné sur trois ans, vise la mise en valeur des paysages agricoles et la protection de la biodiversité.
Par ce programme, on a aménagé de nouvelles sections du domaine où des peupliers ont été plantés au cours du printemps. La liste comprend également le chêne rouge, l'amélanchier et le noisetier hybride.
«Les visiteurs veulent quelque chose à regarder. Ce sera plus beau comme site. Ensuite, on va avoir des produits comme la citrouille, la griotte (une variété de cerise) qu'on pourra consommer à la table du Baluchon», raconte René-Paul Lessard, qui pilote ce projet au Baluchon en compagnie d'agronomes.
Ce projet s'inscrit dans le programme de multifonctionnalité de l'agriculture. Les promoteurs estiment que la cohabitation entre feuillus et cultures agricoles a le potentiel d'apporter des gains considérables. La présence d'un brise-vent naturel grâce aux feuillus, l'arrivée d'insectes qui aideront à la croissance des arbres et des arbustes et la création de zones d'ombrage favorables à la culture de certains produits en sont des exemples.
«C'est une valeur ajoutée pour l'agriculture et aussi pour la société en général. On veut démontrer aux agriculteurs que le mariage (entre les arbres feuillus et les plants de fruits ou de légumes) a des retombées intéressantes», dit Norman Houle, directeur régional du MAPAQ, en précisant que l'expérience du Baluchon pourra servir à moyen terme à préparer des soirées d'information destinées au milieu agricole.
«Le Baluchon, c'est des gens déterminés à améliorer leur site. Cette initiative aura des retombées économiques et aussi environnementales», déclare le député de Maskinongé, Jean-Paul Diamond, qui est venu remettre la subvention gouvernementale à la direction du Baluchon.
Depuis 2004
La volonté de faire cohabiter la forêt et l'agriculture sur une même portion de terrain ne date pas d'hier au Baluchon. L'entreprise a instauré cette façon de faire en 2004. Des chercheurs et des étudiants universitaires y ont effectué différents travaux.
«À moyen et à long terme, tout indique que l'adoption à plus grande échelle de l'agroforesterie dans la Mauricie et dans d'autres régions du Québec pourrait entraîner la valorisation de plusieurs terres agricoles par un usage multiproductif et la production de plusieurs biens et services écologiques qui ont une valeur économique pour les producteurs agricoles et la société», estime Louis Lessard, le président et directeur général du Baluchon.
Cette approche concorde avec l'orientation de l'entreprise, soit le tourisme d'expérience qui fait place à l'agriculture biologique et à la cuisine de proximité.