Le blocus atikamekw est levé

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Les Atikamekws ont levé le blocus des opérations forestières en Haute-Mauricie.

Photo: CONSEIL DE LA NATION ATIKAMEKW

(Trois-Rivières) Le blocus atikamekw est levé. Les entreprises forestières versent un soupir de soulagement. Elles peuvent enfin, après plus de deux semaines de blocus, reprendre les opérations forestières. Les chefs autochtones entament des négociations avec Québec qui doivent se conclure avec une entente de principe d'ici le 30 août prochain sans quoi les Atikamekws promettent de reprendre les moyens de pression.

«L'entente-cadre permet la mise en place d'une négociation avec un échéancier et des obligations de résultat. Mais il faudra que le gouvernement négocie sérieusement et respecte l'échéancier du 30 août. Nous n'accepterons pas que le processus traîne; nous voulons rapidement des résultats», soutenait hier le chef de Manawan, Paul-Émile Ottawa.

«Nous ouvrons la porte à la négociation, mais nous n'attendrons pas encore 33 ans», estimait de son côté le chef de Wemotaci, David Boivin, qui précise tout de même que la population de Wemotaci souhaitait le maintien du blocus.

Geoffrey Kelley, le ministre responsable du secrétariat des Affaires autochtones du Québec, considère que la date butoir du 30 août est «réaliste». «Nous allons arriver à une entente de principe d'ici le 30 août», affirme-t-il en entrevue au Nouvelliste, tout en précisant que la négociation de l'entente finale sera plus «complexe».

Le projet d'entente-cadre conclue entre le gouvernement québécois et les autochtones comprend la création d'une table politique de haut niveau, composée de membres élus du gouvernement et des conseils atikamekws, ainsi que la mise en place d'une négociation intensive portant sur la création d'une relation de nation à nation, l'établissement d'une formule de cogestion du territoire, l'accès aux ressources naturelles, les redevances sur la gestion des ressources et les mesures d'harmonisation sur le territoire ancestral.

«Depuis toutes ces années où la ressource est prélevée, nous n'avons jamais eu de redevance. Maintenant, on veut avoir un mécanisme de redevances», explique le chef David Boivin.

À ce titre, le ministre Kelley souhaite que le gouvernement fédéral reprenne les discussions avec la nation atikamekw. «J'espère qu'il y aura un traité avec la nation atikamekw comme la Convention de la Baie-James», affirme-t-il.

Les chefs atikamekws répètent depuis le début du blocus le 25 juin dernier qu'ils sont conscients des conséquences négatives de leur moyen de pression sur l'industrie forestière, mais que la fin justifie les moyens.

«La nation atikamekw tient à remercier la population régionale, particulièrement les travailleurs forestiers, pour leur patience et leur compréhension de la situation. Conscients des impacts négatifs qu'ont eu jusqu'à présent les blocus forestiers, ils rappellent qu'ils n'avaient pas le choix que de prendre de telles mesures, compte tenu de leur situation précaire», peut-on lire dans le communiqué des chefs atikamekws publié hier.

Le ministre Kelley se réjouit qu'aucun débordement n'ait eu lieu lors du blocus atikamekw. «La paix sociale est toujours fragile. Il y a toujours des risques de débordement lors de conflits», ajoute-t-il. À ce titre, aucun geste de vandalisme sur la machinerie lourde n'a été rapporté par les forestiers.

L'industrie forestière du Haut-Saint-Maurice était délivrée d'un poids immense hier après la levée totale du blocus.

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