Exaspérés par le déroulement des négociations et la plus récente entente de principe suggérée, les ambulanciers avaient décidé de bloquer l'accès au quartier général, dès 6 h, empêchant ainsi les véhicules ambulanciers d'y entrer ou d'en sortir. Le même scénario s'est également déroulé du côté de Repentigny, Boucherville et Beloeil.
Dans un jugement rendu en toute fin d'après-midi, la Commissions a indiqué que les employés devaient retourner à «leurs tâches selon la manière usuelle et selon les pratiques et les directives établies, et notamment en effectuant tous les transports ambulanciers requis».
Une demande d'intervention avait été logée en matinée auprès de la division des services essentiels à la Commission par la Corporation des services d'ambulance du Québec (CSAQ) et l'Association des services d'ambulance du Québec (ASAQ), qui chapeautent les différents corps ambulanciers affectés par la grève.
Malgré le verdict, les syndiqués ne perçoivent pas l'arrêt de la grève comme un revers. Au contraire, avec une centaine de membres qui ont pris part à la manifestation, cela leur a permis de faire entendre leurs revendications, estime le président du syndicat local, Marc-Antoine Laverdière. «On s'attendait à cette réponse-là. Au moins, on a fait valoir notre point et le ministère a vu ce dont on est capables. Puis, on a fait réfléchir les autres syndicats à ne pas accepter cette entente-là».
Pour eux, il n'est pas question de céder aux demandes du gouvernement dans le renouvellement de la convention collective, échue depuis 2010. «On trouve l'entente de principe ridicule et on ne veut pas l'accepter. Nos conditions de travail baissent beaucoup trop», lance M. Laverdière.
Parmi les propositions du gouvernement du Québec, on retrouve une réduction des heures de travail de 80 à 72 pour une période de 15 jours. De leur côté, les ambulanciers réclament une grille salariale réaménagée sur 12 échelons plutôt que 16, comme c'est le cas actuellement.
Le fond de pension fait également partie des points litigieux. Pendant que le gouvernement souhaite désormais le garantir à 50 %, les syndiqués demandent le statu quo, c'est-à-dire une garantie totale.
Ce soir, une nouvelle assemblée est prévue entre les présidents des différents syndicats locaux et il n'est pas impossible qu'un vote soit tenu afin d'officiellement demander un droit de grève à la Commission des relations de travail.
Grève sans incident
Pendant la grève d'une dizaine d'heures, hier, un minimum de service a néanmoins été assuré alors que quatre ambulances ont patrouillé le territoire, soit la moitié moins qu'en temps normal pendant la journée.
Par contre, si une situation d'urgence s'était présentée, les paramédics auraient immédiatement réagi pour ajouter des effectifs sur le terrain.
Même si moins de véhicules étaient disponibles, aucun incident n'a été rapporté. Des véhicules du poste de Shawinigan et d'Ambulance 33-33 Inc., propriété de la Banque d'ambulanciers du Québec, ont d'ailleurs été appelés en renfort pour assurer la couverture du territoire trifluvien. «On est très satisfaits que la population ait été sensibilisée à notre problème. En plus, le service a été assuré au minimum», note M. Laverdière.
À l'Agence de santé et des sercices sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, on raconte ne pas avoir été trop inquiété. «Ce qui nous préoccupe, c'est le maintien du service. On s'assure qu'il n'y ait aucun problème sur le territoire et on garde contact avec l'entreprise pour être certain qu'il y ait des camions partout sur la route pour répondre aux appels d'urgence», a mentionné la conseillère en communication à l'Agence, Christiane Lemaire.
Le son de cloche était sensiblement le même à la direction de la CAM qui n'avait pas reçu de préavis qu'une grève allait être enclenchée hier matin.
«On gère ça d'heure en heure. On s'assure que le service est assuré à la population. C'est notre préoccupation première. Aujourd'hui (hier), ça s'est quand même bien déroulé», indiquait en après-midi le directeur des opérations, Gaétan Grenier.
La grève déclenchée hier s'inscrit dans les moyens de pression amorcés le week-end dernier à Trois-Rivières alors que, notamment, deux véhicules de la CAM recouverts de gouaches étaient bien visibles au centre-ville. Stationnées à des intersections achalandées, on pouvait lire certaines des revendications sur les ambulances comme «Sang contrat de travail depuis 2010». Les paramédics arborent également des écussons de tête de mort sur leurs uniformes qui rappellent que leur convention collective est échue.