À la table de négociation depuis quelques mois, les ambulanciers québécois sont exaspérés. Ceux rencontrés sur la rue samedi soir affirment que c'est «l'impasse et que le gouvernement ne veut rien entendre de nos demandes». Les quatre ambulanciers présents ce week-end avec les deux ambulances colorées n'étaient pas en service. Ils étaient là bénévolement. D'autres équipes avec des véhicules fonctionnels assuraient la sécurité au centre-ville.
Limités dans leurs moyens de pression par la Loi sur les services essentiels, les ambulanciers n'ont pas le droit à la grève. Ils ont alors décidé de transformer leur uniforme de travail de même que certaines ambulances qui ne servent pas aux transports des personnes malades. Les pantalons des ambulanciers ont été coupés ou remplacés par des jeans et les écussons de la CAM ont été changés pour une nouvelle insigne où une tête de mort apparaît. Ce type de moyen de pression est fréquemment utilisé au Québec par les travailleurs, comme les policiers ou pompiers, qui ne peuvent faire la grève.
Les deux ambulances de la CAM qui ont été peintes à la gouache l'ont été afin de faire connaître à la population le conflit de travail qui perdure. Une ambulance arbore maintenant les couleurs d'un zèbre alors que l'autre est noir et résume brièvement les revendications des ambulanciers. Une telle stratégie avait été réalisée en 2004 par les ambulanciers. De plus, des moyens de pression administratifs avec la centrale de répartition de même qu'avec l'Agence de santé sont aussi en cours.
Les ambulanciers refusent une diminution de leurs heures de travail. Le gouvernement du Québec propose de descendre le nombre d'heures de 80 pour 15 jours à 72. «Nous voulons garder nos heures de travail», affirme le président du syndicat des ambulanciers de la CAM, Marc-Antoine Laverdière.
De plus, les ambulanciers demandent à Québec de diminuer le nombre d'années de travail nécessaire pour atteindre le plus haut échelon salarial à 12. «Présentement, ça prend 16 ans avant d'atteindre l'échelon le plus élevé. C'est trop», précise le président du syndicat de la CAM.
En terminant, les paramédicaux souhaitent que Québec injecte davantage d'argent dans le fonds de pension des ambulanciers. «Nous voulons plus d'argent pour le fond de retraite et que le gouvernement le garantisse à 100 % comme c'est le cas présentement. Mais Québec nous a offert de le garantir à seulement 50 %. Le reste serait garanti par les ambulanciers», souligne Marc-Antoine Laverdière.
Les ambulanciers de la région ne sont pas les seuls au Québec à avoir entrepris des moyens de pression. Des moyens de pression ont aussi été entamés à Repentigny, à Beloeil ainsi que dans plusieurs autres municipalités de la province. Les ambulanciers envisagent aussi l'intensification de ces moyens de pression.