C'est ce qu'est venu annoncer hier, le ministre de la Santé et des Services sociaux, Yves Bolduc. Ce dernier a précisé que l'implantation du nouveau service devrait coûter environ 3 millions$. Comme les locaux nécessaires ne sont pas encore construits mais uniquement prévus sur les plans du prochain agrandissement du centre hospitalier (près de l'actuelle radio-oncologie), il serait plus juste de parler de 7 millions$, ce qui comprend l'équipement de fine pointe et la formation.
La députée de Trois-Rivières, Danielle St-Amand, était tout sourire lors de cette annonce car, a-t-elle rappelé, lorsqu'elle était directrice de la Fondation du CHRTR, le service d'hémodynamie figurait sur sa liste d'épicerie. «C'est une étape importante que nous franchissons aujourd'hui et j'en suis fière», a-t-elle déclaré. Quant à la ministre responsable de la région, Julie Boulet, elle s'est félicitée qu'on maximise encore l'accessibilité aux soins de santé pour la région, faisant ainsi du CHRTR «un des meilleurs hôpitaux du Québec».
Le ministre Bolduc n'a pas caché qu'au début, le ministère de la Santé était plutôt tiède à l'idée d'implanter ce service à Trois-Rivières, les patients nécessitant ce type de soins atteignant à peine le nombre suffisant pour justifier une telle dépense. Mais, a-t-il ajouté, un coup d'oeil sur la carte du Québec montrait que deux CH restaient mal desservis en hémodynamie, soit ceux de Trois-Rivières et de Charles-LeMoyne.
«Nous reconnaissons maintenant le bien-fondé de l'implantation d'un service d'hémodynamie à Trois-Rivières, a déclaré le ministre. La région présente un volume de population à desservir suffisant pour assurer la qualité de l'acte médical. L'implantation d'un tel service permettra d'optimiser la rapidité d'intervention. Nous invitons donc le CSSS de Trois-Rivières à poursuivre, conjointement avec l'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec, les échanges avec le ministère afin de finaliser le projet.»
La directrice du CSSS de Trois-Rivières, Lucie Letendre, n'a pas manqué de noter que dès 2007, l'Institut de cardiologie de Montréal a donné un appui enthousiaste au projet. «Nous pouvons compter sur un engagement ferme de ce partenaire qui mettra son expertise au service de la population de toute la région en prenant part au démarrage du projet, tant au niveau de la conception finale, de la formation du personnel que de la couverture médicale du service, a-t-elle assuré. Au cours des prochains mois, nos directions et nos équipes médicales poursuivront leur collaboration en ce sens.»
Le docteur Carl-Éric Gagné, cardiologue au Centre hospitalier régional, a précisé que la coronarographie est une intervention à portée tant diagnostique que thérapeutique. Il a ajouté que la technique est utilisée dans une variété de cas: d'une part dans des situations où l'état de santé du patient est stable, par exemple, chez les patients ambulatoires qui souffrent d'angine et dont l'état ou la condition ne s'améliore pas avec la médication conventionnelle ou, d'autre part, en situation d'urgence, pour les patients hospitalisés, en infarctus aigu du myocarde ou en angine instable. Actuellement, ces cas (environ 1500) sont traités à l'extérieur, le plus souvent à Montréal.
«Il est évident qu'en situation d'urgence, la présence d'un tel service au coeur d'une région étendue comme la nôtre est un progrès majeur pour les services», a-t-il confié.
«Cette étape marque un tournant important dans ce dossier et une reconnaissance des besoins de la population de la région à cet égard. Elle vient également consolider l'offre de services spécialisés offerts par le CSSS de Trois-Rivières dans le cadre de sa mission régionale», d'ajouter Christiane Bonfanti, présidente du conseil d'administration.
Rappelons que l'hémodynamie est une technologie qui permet de poser des diagnostics et de traiter différents problèmes touchant les artères coronariennes. Ces problèmes peuvent normalement être liés au cholestérol et au tabagisme, mais aussi à plusieurs autres facteurs de risques menant parfois à l'infarctus. Une des technologies couramment employées par les hémodynamiciens est l'angioplastie percutanée, qui consiste à utiliser un ballonnet gonflable.