«Nous y arrivons enfin. Il reste quelques expériences à faire puis on est en route», lance en entrevue le maire Beaudoin, très heureux de finalement voir un dénouement à ce vieux rêve mauricien ravivé par l'arrêt de la drave sur la rivière Saint-Maurice.
La Ville de La Tuque ira donc de l'avant dès cette année avec l'aménagement d'une marina et d'un chenal au sud du barrage d'Hydro-Québec. Plusieurs services seront mis à la disposition des premiers plaisanciers qui devraient accoster à La Tuque au printemps 2013.
La navigation sur la rivière Saint-Maurice est bien sûr conditionnelle au niveau de l'eau qui fluctue énormément d'une année à l'autre. Cet été, le niveau de la rivière entre Shawinigan et La Tuque est assez bas. Plusieurs îles temporaires ont fait leur apparition ces dernières semaines, particulièrement à La Tuque. Le maire Beaudoin avoue que cela l'inquiète.
«Présentement, la navigation serait difficile à certains endroits. Ce n'est pas tous les bateaux qui peuvent naviguer», dit-il. «Mais, sur les onze dernières années, il y a eu sept ans où le niveau était parfait.»
Par ailleurs, les municipalités concernées par le balisage de la rivière mettront en place un service de renseignement qui informera les plaisanciers des niveaux d'eau de la rivière.
Pour sa part, le préfet de la MRC de Mékinac et maire de Sainte-Thècle, Alain Vallée, a surtout hâte que soit réglé la question de la sécurité sur la rivi-ère.
«On a l'unanimité autour de la table de la MRC même si on a seulement trois municipalités concernées: Trois-Rives, Saint-Roch et Grandes-Piles. Ce sont elles qui ont un peu peur d'être tenues pour responsables s'il arrivait quelque chose. Le comité responsable a demandé des avis juridiques sur cette question. Je pense que c'est la Sûreté du Québec qui interviendra sur la rivière même si la règle veut que ce soit toujours le bateau le plus proche qui aille au secours des gens en difficulté.
«Je m'attends à ce que les policiers fassent la même chose que sur les lacs lorsqu'ils viennent de façon aléatoire les samedis et dimanches pour vérifier les embarcations et la vitesse. C'est surtout de l'autre côté de la Mattawin qu'on s'inquiète. S'il y a beaucoup d'achalandage, la police n'aura pas le choix de venir faire un tour.»
À ce sujet, le maire de Grandes-Piles, Jean-Pierre Ratelle, qui siège au comité de la rivière, se fait rassurant, car la Sûreté du Québec et son bateau sont déjà bien présents sur la rivière Saint-Maurice.
Il est aussi question d'une entente avec le réseau des premiers répondants de la Régie des incendies de la Vallée du Saint-Maurice qui couvre déjà les TNO au niveau sécurité.
Le maire de Grandes-Piles dont la municipalité jouit d'un des plus beaux tronçons de la rivière, estime que son ouverture à la navigation ne peut qu'entraîner du dévelop-pement.
«On parle de la route des rivières mais là, c'est LA rivière qui devient accessible, fait-il remarquer. C'est une entente historique. Ça va ouvrir la Mauricie. Nous, nous sommes prêts avec nos nouveaux quais à recevoir les visiteurs. Il y aura aussi sans doute un impact sur l'hébergement haut de gamme. C'est ce qu'on vise sur notre territoire, avec aussi un développement domiciliaire et commercial.»
M. Ratelle croit par ailleurs que le balisage de la rivière ne devrait pas entraver les autres formes de navigation comme le kayak et le canot.