Le blocus des Atikamekws sera levé pendant 48 heures

Les chefs atikamekws David Boivin, Eva Ottawa, Christian... (Photo: Gabriel Delisle)

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Les chefs atikamekws David Boivin, Eva Ottawa, Christian Awashish et Paul-Émile Ottawa ont rencontré hier les représentants du gouvernement du Québec à l'Assemblée nationale.

Photo: Gabriel Delisle

Le Nouvelliste

(Québec) Pour la première fois depuis l'imposition du blocus sur les opérations forestières en haute Mauricie par les Atikamekws le 26 juin dernier, l'espoir d'un règlement est réel.

Les chefs atikamekws suspendront le blocus pour une période de 48 heures dès la réception d'une lettre du premier ministre Jean Charest dans laquelle il exprimera sa volonté de négocier avec eux une entente de nation à nation.

Ceci pourrait, selon le gouvernement, survenir dès aujourd'hui. Les opérations forestières pourront donc reprendre pour deux jours.

«C'est une suspension du blocus, pas sa levée complète. Les points de blocage demeureront en place, mais nous allons laisser circuler les travailleurs forestiers», affirme le chef du conseil de bande de Wemotaci, David Boivin.

Le premier ministre Jean Charest s'est engagé à faire parvenir une lettre dans laquelle il devrait manifester une ouverture à la négociation.

Les autochtones demandent de conclure avec Québec une entente inspirée de la Paix des Braves qui encadrerait l'exploitation des ressources naturelles sur leur territoire ancestral et permettrait aux communautés de recevoir des redevances.

«Nous demandons au premier ministre d'intervenir dans le dossier. Nous voulons un engagement de sa part de considérer nos demandes. Nous lui demandons de plus d'établir de nouvelles bases de négociations de nation à nation», précise la grande chef du Conseil de la nation atikamekw, Eva Ottawa.

La ministre responsable de la Mauricie et ministre de l'Emploi et de la Solidarité sociale, Julie Boulet, a confirmé en entrevue que le premier ministre fera parvenir d'ici ce soir une lettre aux chefs où il exprime sa volonté de négocier.

«La rencontre a été très positive. Le gouvernement est ouvert à la négociation sur les sujets identifiés par les Atikamekws», a expliqué la ministre et députée de Laviolette. «Nous espérons que cela les satisfera.»

Les chefs des trois communautés atikamekws de Wemotaci, de Manawan et d'Opitciwan accompagnés de la grande chef ont rencontré hier à l'Assemblée nationale le ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Clément Gignac, le ministre responsable du Secrétariat aux affaires autochtones, Geoffrey Kelley, ainsi que la ministre Boulet.

C'est lors de cette rencontre que les leaders atikamekws et le gouvernement ont convenu de suspendre temporairement le blocus.

Cette suspension permettra aux chefs de présenter les engagements du premier ministre à leur population. Si les membres des communautés les juges satisfaisantes, le blocus pourrait être levé.

«Nous sommes venus à Québec en toute bonne foi pour rencontrer les ministres afin de trouver des pistes de solutions», ajoute la grande chef Ottawa.

«Ce n'est pas de gaieté de coeur que nous avons imposé le blocus. Mais, c'était une nécessité», lance par ailleurs le chef de la communauté de Manawan, Paul-Émile Ottawa. «Nous gérons littéralement la pauvreté dans nos communautés», ajoute-t-il en s'excusant des conséquences que le blocus entraîne pour l'industrie forestière.

«L'imposition du blocus est un geste de désespoir», affirme quant à lui le chef du conseil de bande d'Opitciwan, Christian Awashish.

La ministre Julie Boulet affirme que la suspension du blocus était une nécessité pour l'industrie forestière qui voit ses approvisionnements en ressources naturelles interrompus depuis plus d'une semaine.

«Nous voulons à tout prix éviter que des usines comme celle des Industries Parents, de RockTenn à La Tuque ainsi que la scierie à Rivière-aux-Ratssoient obligées de mettre à pied des travailleurs», précise la ministre Boulet.

Plus au nord, la communauté Innus de Matimekosh, près de Schefferville, bloque depuis vendredi dernier l'accès aux chantiers des minières Tata Steel et Labrador Iron Mines.

Les manifestants se disent opposés au Plan Nord et reprochent aux entreprises minières de faire du forage sur leur territoire sans leur autorisation.

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