Les Atikamekws libèrent le chemin de fer

Les trains de marchandises ont recommencé à circuler... (Photo: La Presse)

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Les trains de marchandises ont recommencé à circuler normalement à minuit.

Photo: La Presse

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(La Tuque) Les Atikamekws de Wemotaci et le Canadien National (CN) ont conclu une entente. Armé d'une injonction qui obligeait les autochtones à libérer la voie ferrée, le CN a obtenu des Atikamekws qu'ils lèvent le blocus sur le transport ferroviaire. Les trains de marchandises ont recommencé à passer normalement à minuit hier soir.

«Nous libérons le chemin de fer. Cela démontre que nous sommes ouverts aux discussions», affirme le chef du conseil de bande de Wemotaci, David Boivin.

Par ailleurs, d'autres injonctions pourraient remettre en question le blocus des chemins forestiers. Les leaders autochtones en sont conscients. «Les injonctions sont les menaces qui planent sur notre blocus», avoue le chef d'Opitciwan, Christian Awashish.

Les leaders autochtones estiment par contre qu'ils ne peuvent contrôler tout le monde et que l'obligation de respecter des injonctions pourrait être perçue comme une agression de plus envers les Atikamekws. «C'est la responsabilité des individus de respecter les injonctions. Plusieurs personnes pourraient prendre ça comme une forme d'agression de plus», affirme le chef Awashish. «C'est comme si on se faisait dire de rester encore tranquille et de ne pas déranger le développement du Québec.»

Conséquences économiques du blocus

Érigé depuis mardi dernier, le blocus des opérations forestières nuit déjà à cette industrie qui peine à sortir d'une profonde crise. La Coopérative forestière du Haut-Saint-Maurice a dû retirer 90 de ses travailleurs de la forêt qui se retrouvent temporairement sans emploi. Les bûcherons, les camionneurs et les reboiseurs doivent rester à la maison.

De plus, si l'approvisionnement en ressource première demeure paralysé encore quelques jours, trois usines en Mauricie sont directement menacées. La scierie de Rivière-aux-Rats de Produits forestiers Mauricie, une filiale de Produits forestiers Résolu, de même que celle de Parent et l'usine de transformation à Trois-Rivières des Industries Parent pourraient être contraintes d'interrompre la production.

L'impact du blocus sur l'économie du Haut-Saint-Maurice ne préoccupe pas les leaders autochtones. «La ministre Julie Boulet dit qu'on prend en otage les travailleurs et l'économie régionale. C'est plutôt le gouvernement qui prend en otage l'économie de nos communautés depuis des décennies», répond le chef Awashish.

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