Le blocus des Atikamekws se rapproche de La Tuque

Les Atikamekws maintiennent le blocus des opérations forestières... (Photo: CONSEIL DE LA NATION ATIKAMEKW)

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Les Atikamekws maintiennent le blocus des opérations forestières en Haute-Mauricie.

Photo: CONSEIL DE LA NATION ATIKAMEKW

(La Tuque) Le blocus atikamekw continue de paralyser les opérations forestières en Haute-Mauricie. Les chefs autochtones sont sortis mécontents et frustrés des discussions avec le ministre des Affaires autochtones du Québec, Geoffrey Kelley.

Pendant ce temps, les barricades se rapprochent du périmètre urbain de La Tuque. Une nouvelle barrière a été érigée près du kilomètre 25 de la route forestière 25. Les manifestants pourront ainsi mieux bloquer les opérations forestières.

De plus, les Atikamekws d'Opitciwan comptent bloquer la route forestière 10 ainsi que des routes dans la région du Lac-Saint-Jean. «On joue au chat et à la souris avec les entreprises. Elles tentent de sortir plus vite le bois dans des secteurs que nous ne bloquons pas», affirme le chef du conseil de bande d'Opitciwan, Christian Awashish.

Une première rencontre téléphonique entre les chefs des conseils de bande de Wemotaci, d'Opitciwan et de Manawan et le ministre Kelley a eu lieu mercredi. Les chefs autochtones en sont sortis mécontents. «Nous sommes déçus de l'incompréhension du gouvernement envers la réalité que vivent nos communautés», soutient le chef Awashish qui dénonce du même coup l'arrogance du ministre responsable du secrétariat aux Affaires autochtones du Québec.

Le chef Christian Awashish soutient que le blocus ne sera pas levé tant que les gouvernements ne répondront pas favorablement aux demandes des autochtones. Ceux-ci veulent avoir des redevances sur l'exploitation des ressources naturelles sur leur territoire ancestral. Ils veulent aussi avoir accès à des volumes de bois. Mais de son côté, le gouvernement du Québec ne veut pas négocier en situation de blocus.

Le cabinet du ministre Kelley n'estime pas que la rencontre se soit si mal déroulé. «La conférence téléphonique avec le ministre a duré près d'une heure. Nous avons proposé aux chefs atikamekws de former une table de discussion bilatérale afin de faire avancer les négociations», explique l'attachée politique du ministre Kelley, Marie-Josée Paquette, qui ajoute que cette table de discussion sera conditionnelle à la levée du blocus.

Un accès à la ressource naturelle

Les leaders atikamekws demandent d'avoir accès à une réserve de bois afin de développer leur propre industrie forestière. Or, Québec leur répond qu'il n'y a pas de telle réserve de disponible. «C'est frustrant de nous faire dire qu'il n'y a pas de bois pour nous. Est-ce que les entreprises forestières ont un droit acquis sur la ressource naturelle?», demande le chef Awashish.

Par ailleurs, le Conseil de la nation atikamekw rappelle qu'en septembre 2011, la grande chef Eva Ottawa avait affirmé l'exaspération de son peuple devant la Commission sur l'aménagement du territoire.

«Assez, c'est assez», avait alors lancé la grande chef. «Ce territoire, c'est notre territoire non cédé, sur lequel nous comptons faire respecter nos droits et notre titre aborigène.» La grande chef faisait référence au territoire de près de 60 000 km2, le Nitaskinan, que les Atikamekws considèrent comme leurs terres ancestrales.

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