Sans vouloir s'attaquer au travail effectué par sa collègue libérale, le député Aubin estime que les citoyens de cette circonscription devraient avoir le droit à un nouveau scrutin puisque lorsqu'ils ont choisi Mme St-Denis, elle faisait partie de l'équipe néo-démocrate du défunt Jack Layton.
«Si pour une raison vous souhaitez changer d'allégeance, on ne dit pas que c'est impossible. Mais les élus sont les représentants du peuple, alors si vous pensez que la population devrait vous suivre dans un tel changement, représentez vous devant cette population pour obtenir la légitimité qui va avec votre poste», mentionne M. Aubin, qui ne croit toutefois pas que Mme St-Denis rende sa démission. «Si elle avait eu à le faire, elle l'aurait déjà fait», note-t-il.
Plus de 2500 signatures ont donc été compilées sur des pétitions électronique et papier avec cette initiative du Shawiniganais Maxime Déry.
Choquée par le dépôt de ce document, la députée transfuge n'a pas l'intention d'abandonner son siège à la Chambre des communes. «C'est sûr que je ne démissionnerai pas avant la fin de mon mandat», a-t-elle déclaré au Nouvelliste, avant de réagir de façon très virulente par voie de communiqué.
«M. Aubin, ce joueur de fanfare devant l'éternel, fait de la figuration à la Chambre, dissimulant mal son incompétence en s'attaquant à des individus qui ont des principes et des idées. Petit individu, petite politique», peut-on notamment y lire dans l'envoi.
Pour Robert Aubin, il ne s'agit pas de s'en prendre personnellement à la députée qui a tourné le dos au NPD en janvier, mais plutôt de redéfinir le fonctionnement du système électoral. «Il faut mettre l'accent sur le principe. Ce n'est pas une attaque sur Mme St-Denis. Ça va pour l'ensemble des députés qui songeraient à changer de parti», explique-t-il.
Le son de cloche est loin d'être le même dans le camp de la députée de Saint-Maurice-Champlain.
«Ce n'est pas très courageux de sa part. Il aurait pu déposer la pétition la veille, pendant que j'étais là. Je trouve qu'il s'agit d'un manque de fair-play. Un collègue ne dépose pas une pétition contre un autre collègue», mentionne-t-elle, tout en questionnant le fait que M. Aubin ait pris le contrôle du dossier, même si ça ne fait pas partie de sa circonscription.
À ce propos, le député de Trois-Rivières indique qu'il s'est simplement fait le porte-parole des citoyens de cette circonscription, car il aurait bien mal vu Lise St-Denis déposer une pétition qui réclame sa démission.