Immostar a inauguré sa nouvelle halte routière hier matin en présence de plus de 150 personnes. Le Madrid 2.0, qui a nécessité des investissements totalisant 11 millions de dollars, offre une modernité de services dans des installations de 15 000 carrés. Les restaurants McDonald's et St-Hubert Express ainsi qu'un dépanneur Couche-tard et une station d'essence Esso sont présents à cette halte de Saint-Léonard-d'Aston, de même qu'une terrasse et des aires de jeux et de repos.
L'ensemble des services offerts fait prédire à André Pelchat que l'endroit saura attirer plus d'un million de visiteurs par année. C'est deux fois et demi l'achalandage annuel de l'ancien Madrid.
«C'est le meilleur site de la province, explique le président d'Immostar. On veut profiter de l'achalandage de l'autoroute 20: le trafic est de 40 000 véhicules par jour. On a d'excellents partenaires, on a une salle à manger de 260 places assises, alors que dans une halte routière habituelle, c'est entre 75 et 100 places. On a 200 places de stationnement. Et notre enseigne, pour les gens qui arrivent de Montréal, est visible à trois kilomètres.»
M. Pelchat sait que le Madrid a été une institution durant plusieurs décennies. Le président d'Immostar est fier de préciser que la nouvelle halte routière fait une belle place à l'ancien établissement de façon à assurer une certaine continuité.
«On a su recréer cette nostalgie avec l'aménagement intérieur où plusieurs photos duMadrid sont installées. Sur nos 200 emplois, 30 sont occupés par des anciens employés du Madrid. Et nous avons nos dinosaures qui ont été restaurés!»
La création de 200 emplois réjouit le maire de Saint-Léonard-d'Aston, Luc Balleux.
«La renaissance du Madrid est une excellente nouvelle, car c'était un bassin économique sur le point de disparaître. L'ancien Madrid employait environ 60 personnes. C'est une grosse différence. En plus, il y a des emplois pour les étudiants. Dans notre milieu qui est agricole, ça diversifie l'offre.»
Le Madrid 2.0 représente un investissement de neuf millions de dollars uniquement pour Immostar. Ce projet représente le plus important investissement pour la compagnie qui a dépensé de fortes sommes dans la finition de la bâtisse, mais aussi pour l'aménagement de son système d'épuration des eaux et pour fixer sur des pieux l'enseigne de 90 pieds de hauteur.
De la place pour l'industrie touristique
La direction d'Immostar désire que le Madrid 2.0 devienne également un lieu qui permettra aux visiteurs d'en apprendre davantage sur les attraits touristiques du Centre-du-Québec. Voilà pourquoi dès le mois d'août, une borne d'information interactive sera mise à la disposition des utilisateurs de la halte.
De plus, on organise sur le terrain arrière de la halte routière une fête du tourisme qui aura lieu samedi et dimanche. Quelque 20 intervenants touristiques seront présents afin de présenter des attraits, faire déguster des produits du terroir et accompagner les visiteurs dans la planification de leurs vacances au Centre-du-Québec.
Quatre autres fins de semaine sont retenues d'ici la fin de l'année pour célébrer entre autres la récolte des tomates et des citrouilles et afin de souligner la période de Noël.
«Sous le charme»
Non seulement Julie Arel ne ressent aucun pincement au coeur avec l'ouverture du Madrid 2.0, mais elle se dit ravie par la nouvelle halte routière réalisée par l'équipe d'Immostar.
La propriétaire du défunt Madrid a assisté hier à l'inauguration du Madrid 2.0. Fière de préciser que ses deux enfants travaillent à cette halte routière, Mme Arel avait le visage souriant en jetant un regard aux installations. Pour elle, la boucle est maintenant bouclée.
«Je suis sous le charme! Je suis impressionnée par le résultat. Le premier soir que la halte a ouvert, mercredi passé, je suis venue pour voir. C'est vraiment une fierté. Et dimanche, le stationnement était plein. C'est le fun de voir un commerce qui ouvre et que c'est plein. On voit l'effet Madrid.»
- «L'effet Madrid?»
- «Oui, l'effet Madrid: il faut être prêt en nourriture, en personnel. J'ai parlé aux gens de St-Hubert, de McDonald's pour leur parler de l'effet Madrid, pour leur dire qu'ils doivent être prêts à recevoir beaucoup de monde. Le Madrid marchait grâce à notre réputation d'accueil chaleureux. Des gens de tous les âges venaient au Madrid, des gens d'affaires, des camionneurs. Et on mettait l'emphase sur un service rapide et courtois», raconte Mme Arel, qui réoriente sa carrière dans le domaine du coaching de gestion.
Richard Scofield, vice-président à la restauration chez St-Hubert, sait très bien qu'un tel resto doit être en mesure de répondre rapidement à un grand flot de commandes.
«Ici, ça peut entrer tout d'un coup. Le défi dans une halte, c'est d'être toujours prêt. On est ouvert depuis mercredi passé et on a eu un très bon départ. C'est plus que la normale. On fait depuis l'ouverture 800 repas par jour. Et cet été, ça va doubler facilement.»
Un centre d'interprétation sur le fromage dans la mire
Un centre d'interprétation du fromage pourrait bien s'installer sur le terrain arrière du Madrid 2.0 en 2013.
Différents intervenants locaux réfléchissent à l'idée d'aménager un tel équipement touristique à cette halte de Saint-Léonard-d'Aston. Le projet recevrait déjà l'appui de producteurs locaux, mais on cherche à obtenir l'aval de la Fédération des producteurs de lait du Québec.
«Le trafic au Madrid 2.0 créerait une grande porte d'entrée sur le Centre-du-Québec. On veut développer un centre d'interprétation avec une certaine envergure», note Paul Poisson, directeur du marketing chez Immostar.
Si la réaction de la Fédération des producteurs de lait du Québec est positive, la préparation financière du projet sera mise en branle. On s'attend à ce que le projet coûte aux alentours de 500 000 $ pour une bâtisse dont la superficie variera de 2500 pieds carrés à 3000 pieds carrés.
«On a des exigences à respecter au point de vue alimentaire, précise M. Balleux. On est à l'étape de trouver des commanditaires. Si on peut avoir des commanditaires, on va monter un vrai plan d'affaires, probablement en septembre. Mais c'est un projet prometteur qui représente un bon potentiel attractif», précise Luc Balleux, maire de Saint-Léonard-d'Aston.
Parallèlement à ce projet, le Madrid 2.0 veut bonifier l'offre alimentaire avec la présence d'un comptoir de fruits et de légumes durant la haute saison. Une section de produits du terroir pourrait s'ajouter.
«On ne veut pas un marché public pour entrer en compétition avec Bécancour (le marché Godefroy), souligne M. Poisson. Avec un comptoir de fruits et légumes, on compléterait l'offre autoroutière en petites quantités.»