Éric Caron, ex-officier du NCSM Québec, estime qu'il reste à peine trois semaines pour faire changer le gouvernement d'avis dans ce dossier, puisque le démontage des installations s'est amorcé le 1er juin dernier et que de nombreux équipements, comme des voiliers, des bateaux et du mobilier du mess des officiers vont être disséminés. Seul le strict minimum sera laissé sur place en vue du dernier camp qui se déroulera cet été, explique-t-il.
Rappelons que la fermeture définitive du NCSM Québec est prévue pour le 31 mars 2013. Cette décision a été prise par le gouvernement de Stephen Harper dans le cadre de restrictions budgétaires de plus d'un milliard $ imposées un peu partout au pays. L'Organisation des cadets du Canada fait l'objet, dans l'ensemble, de compressions de 5,25 millions $. Le NCSM Québec, seul camp francophone du Canada et l'un des plus actifs au pays, en fait largement les frais.
Éric Caron entend faire flèche de tout bois pour tenter de faire revenir Ottawa sur sa décision d'ici trois semaines, d'autant plus que les sommes économisées par le gouvernement fédéral avec la fermeture du NCSM Québec sont minimes, fait-il valoir, soit 824 000 $ annuellement tandis que la fermeture entraînera des dépenses de 540 700 $, selon un document de la Défense nationale obtenu par Le Nouvelliste.
Une fois que le camp sera transféré dans d'autres emplacements, «il ne faudra pas s'attendre à des économies notables, mais bien à une légère hausse des coûts du transport aérien», signale le document de la Défense nationale. Ottawa devra donc procéder à un réexamen de la situation pour espérer réaliser de véritables économies, peut-on y lire.
Le milieu économique estime que le geste coûtera une quarantaine d'emplois dans la région de Bécancour, sans compter les impacts sur plusieurs petits commerces et attraits touristiques du coin.
Éric Caron estime que les plus grands dommages se feront surtout sentir chez les jeunes Québécois. Tout d'abord, la fonction d'instruction sera désormais assumée dans les bases de Valcartier, Bagotville, au NCSM Ontario et au NCSM Acadia. Les officiers de même que les sous-officiers (cadets plus âgés) devront être bilingues pour obtenir des postes aux nouveaux endroits, signale M. Caron.
Ce dernier tente d'obtenir, grâce à l'intervention du député Louis Plamondon, une rencontre avec le ministre de la Défense afin de lui offrir un nouvel éclairage sur cette décision. Si les résultats ne sont pas probants, une conférence de presse sera convoquée à Ottawa dans les prochains jours par les partis de l'opposition, raconte M. Caron. «S'il ne se passe rien d'ici trois semaines, il va probablement être trop tard», estime-t-il.
Le document de la Défense nationale indique qu'aucune consultation n'a été faite avant de décider des coupures dans le programme des cadets.
L'impact économique du NCSM Québec a aussi été jugé comme «insignifiant» par Ottawa, tel que mentionné dans le document de la Défense nationale, puisque la région compte déjà sur la présence du Régiment de Trois-Rivières ainsi que des cadets de l'air, de la marine et de l'armée.