Depuis juillet 2011, seulement 2 des 15 millions $ offerts par Québec ont en effet été utilisés par les victimes, ce qui représente 149 chantiers.
M. Boivin croit que c'est parce que trop de clauses viennent empêcher les gens d'y avoir recours.
Le porte-parole de la Coalition a récemment fait parvenir à plusieurs victimes ainsi qu'à la députée Danielle St-Amand et à un représentant de la Régie du bâtiment du Québec, copie d'une lettre de plainte qu'il a adressée à la Ville de Trois-Rivières dans laquelle il menace d'avoir recours aux médias et même à la ministre Lise Thériault pour dénoncer la manière dont son dossier personnel a été traité relativement à l'application du programme en question.
Ce qui s'est passé, dans son cas, c'est qu'il a embauché, comme les autres victimes, du personnel pour faire des travaux chez lui après la réfection de ses fondations, notamment un peintre qui lui a remis un reçu en bonne et due forme et qu'il a payé par chèque en toute légalité.
La Ville, qui gère l'application du programme d'aide, se voit alors dans l'impossibilité de considérer la totalité du montant parce que le peintre ne possède par de licence de la Régie du bâtiment du Québec. Or, explique M. Boivin, ce peintre a été engagé parce qu'il coûtait moins cher que ceux qui avaient leur licence.
«On tenait de sauver un peu d'argent. Le programme d'aide n'existait pas au moment de nos travaux et nous ne pouvions donc pas en connaître les paramètres», plaide-il.
La Ville lui propose donc d'allouer «un nombre d'heures remboursées à 9 $ l'heure.» Pour Yvon Boivin, cela est inacceptable. Il s'agit, dit-il, d'une «approche visant à en donner le moins possible aux victimes.»
La Ville de Trois-Rivières, qui a vu passer le courriel en question de M. Boivin, n'a guère apprécié ses menaces, d'autant plus que le porte-parole de la Coalition prévient que s'il le faut, la Coalition demandera à ce que la gestion du programme soit administrée par un autre organisme que la Ville de Trois-Rivières.
La Ville est donc allée au-devant des coups, hier, en émettant un communiqué de presse sous forme de mise au point.
Le porte-parole, François Roy, explique que M. Boivin n'avait pas à attaquer le personnel municipal de la sorte puisque la Ville ne fait qu'appliquer les dispositions du programme.
«Qu'il demande une correction au programme», dit-il. «Il peut le faire. On est en démocratie. Ce n'est pas notre programme, c'est le programme du gouvernement», fait valoir M. Roy.
La Coalition veut effectivement rencontrer les instances politiques provinciales afin d'éliminer ce genre d'obstacles et plusieurs autres qui nuisent actuellement à la pleine utilisation du programme.
«Les victimes et les gens en général ne savent pas tous qu'il faut embaucher un entrepreneur qui a une licence de la RBQ», fait-il valoir, «et à cause de ça, elles vont être pénalisées», déplore-t-il.
Le programme, explique-t-il, devait au départ être souple et accommoder les victimes. Toutefois, il semble que bien des détails dans l'application de ce dernier représentent un casse-tête de plus pour les victimes. C'est ce que la Coalition voudrait améliorer pour ses membres.