Ces tintamarres dépassent la simple question de la hausse des frais de scolarité. Ils réunissent des personnes de tout âge opposées surtout à la loi spéciale. On aperçoit d'ailleurs plusieurs enfants qui accompagnent leurs parents lors de ces rendez-vous.
Pour une troisième journée consécutive, une trentaine de manifestants ont répondu à l'invitation de Fred Pellerin à Saint-Élie-de-Caxton. «On fait ça à la bonne franquette et dans la joie», avoue le conteur qui croit que c'est le réveil des régions.
«Au Québec, dans les régions, on a été jusqu'à maintenant spectateurs de ce qui se passe à Montréal», ajoute-t-il.
Le caractère spontané et accessible des manifestations de casseroles a séduit l'artiste de Saint-Élie. «C'est ce qui fait son charme. Faire résonner ses casseroles c'est accessible et très populaire», dit-il. «Il y a quelque chose de très viscéral dans ces manifestations.»
Les villes et villages de la région réagissent surtout contre la loi spéciale imposée par Québec afin de dénouer la crise étudiante. «On n'a pas le choix d'être contre cette loi-là. Elle n'a pas de bon sens», estime Fred Pellerin.
À La Tuque, ils étaient près d'une cinquantaine de personnes à manifester samedi soir au son des casseroles. Après un tintamarre devant le kiosque du centenaire, les manifestants opposés à la loi 78 et à la hausse des droits de scolarité ont marché au centre-ville sous la supervision de la Sûreté du Québec qui avait autorisé la marche.
«Nous allons montrer qu'à La Tuque aussi on est capable de manifester contre la loi 78 et la hausse des droits de scolarité», lançait Thierry Bilodeau avant la marche, un des instigateurs de la manifestation.
Près de 25 personnes étaient aussi réunies à Champlain samedi et dimanche soir. Ils ont défilé dans les rues du village en frappant sur leurs casseroles. «C'était vraiment le fun de voir ça. Nous avons le goût de participer même si on n'est pas à Montréal», affirme un des instigateurs de cette marche, le réalisateur Simon Laganière. «Les gens ont un ras-le-bol général. Bien que les participants à ces manifestations soient divisés sur la question étudiante, ils n'acceptent pas la loi spéciale.»
Encore une fois, une centaine de personnes s'étaient donné rendez-vous samedi soir au parc Champlain au centre-ville de Trois-Rivières.