«Il n'y a qu'un point qui a fait défaut. Les membres nous ont demandé de revoir avec l'employeur la diminution salariale de 10 %», affirme le représentant national du Syndicat canadien des communications, de l'énergie et du papier, Claude Gagnon, qui précise que l'ensemble des autres points de l'entente sont «acceptable».
«L'employeur fait des profits tous les mois. Les employés soutiennent que nous ne sommes pas dans la même situation que les entreprises qui font des pertes à chaque mois», renchérit M. Gagnon.
Le représentant syndical ne croit pas que le vote d'hier rejetant l'entente de principe représente un désaveu de la part des travailleurs. «Nous pensions que les diminutions salariales de 10 % pouvaient être acceptables pour demeurer concurrentiel», précise Claude Gagnon. «C'est étrange, mais nous avons eu des félicitations généreuses pour le reste de l'entente, mais pas sur les diminutions de salaire.»
La tension était palpable hier à la sortie de la salle où ont eu lieu les rencontres d'informations et les votes. La très grande majorité des employés ont quitté l'endroit sans vouloir commenter l'entente de principe.
«C'est un contrat qui ne se tient pas debout. Nous avons déjà donné des diminutions de 10 %. Il (l'employeur) en veut encore. Il fait des millions $ et la cour de l'usine est pleine de copeaux. Quand tu as la bedaine pleine et que tu en demandes encore, ça ne marche pas», dénonçait à la sortie du bureau de vote un des travailleurs du local 136.
«On s'en va vers quelque chose de spécial», lançait de son côté un autre travailleur.
«Il (l'employeur) veut encore nous écraser. On peut se battre longtemps, mais on ne peut pas gagner sans se battre», ajoutait un collège.
Rappelons que l'entente de principe signée le 7 mai dernier et rejetée hier par une mince majorité concernait les quatre unités syndicales de l'usine Kruger, soit le local 136 (hommes de métier et opération), 234 (papetiers), 234 CP (constables et pompiers) et 256 (bureau). Près du deux tiers des syndiqués, 62 %, sont membres du local 136.
La direction de Kruger n'a pas retourné les appels du Nouvelliste. Toutefois, nous savons que Kruger étudiera la situation ce week-end. «Nous ne devrions pas avoir de nouvelles de l'employeur avant le début de la semaine prochaine», estime Claude Gagnon.