Trois-Rivières dégage un surplus de 13,5 M$

Le maire Yves Lévesque a présenté hier les... (PHOTO: ÉMILIE O'CONNOR)

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Le maire Yves Lévesque a présenté hier les faits saillants du rapport financier de la Ville. Il a aussi dû répondre au conseiller André Noël qui croit que Trois-Rivières devrait limiter ses surplus à 7 millions $ et faire en sorte que tout montant excédant cette limite soit immédiatement versé sur la dette. Le maire prévoit plutôt consacrer, cette année, environ 4 millions $ au remboursement de la dette.

PHOTO: ÉMILIE O'CONNOR

Martin Francoeur
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La Ville de Trois-Rivières a réussi à dégager un autre important surplus budgétaire pour l'exercice financier 2011. Treize millions et demi de dollars selon le rapport financier présenté hier soir au conseil de ville, un résultat qui commence à faire dire à certains conseillers que la population serait surtaxée.

Pour Trois-Rivières, ce surplus de 13,5 millions $ représente 6,2 % du budget municipal, qui s'élevait à 217,7 millions $ en 2011. Le maire Yves Lévesque a d'ailleurs insisté pour mettre le montant du surplus en perspective avec ce pourcentage. «Pour une famille qui gagne 50 000 $ par année, c'est comme si elle arrivait à dégager 3000 $ à la fin de l'année. C'est pas énorme un coussin de 3000 $», insiste-t-il.

La trésorière de la Ville, France Cinq-Mars, a expliqué hier aux membres du conseil que le surplus dégagé en 2011 est dû à différents facteurs. Des revenus excédentaires de 7,5 millions $ ont été enregistrés l'année dernière, alors que du côté des dépenses, on est parvenu à économiser 6 millions $ grâce à la réorganisation et aux pratiques de gestion dans les différents services municipaux.

La hausse des revenus est attribuable à la vigueur du secteur de la construction, qui a permis de générer des revenus supplémentaires de 2,9 millions $ supérieurs à ce qui avait été prévu. Les droits de mutation ont engendré des revenus de 5 millions $ au lieu des 3,1 millions $ prévus initialement, soit 1,9 million $ de plus. Enfin, notons que le fait de reporter l'embauche de pompiers pour combler les besoins de la caserne no 3, dans la mise en application du schéma de couverture de risques en matière d'incendie, a permis de sauver 650 000 $. La Ville a aussi réalisé une économie de 660 000 $ en ce qui a trait au déneigement, grâce à un hiver plus clément.

Le maire a surtout insisté sur le fait que malgré l'augmentation de la dette, le ratio d'endettement demeurait stable à 2,4 % de la richesse foncière uniformisée. «On a toujours dit qu'on voulait maintenir ça en dessous de 2,5 %. On est à 2,4 %, ce qui est quand même bon», a-t-il souligné. Yves Lévesque n'a pu s'empêcher de sortir, une fois de plus, sa comparaison avec l'ancienne Ville de Trois-Rivières, dont le ratio d'endettement était supérieur à 3 %. Depuis 2002, le ratio d'endettement de la Ville varie entre 2,3 % et 2,7 % d'année en année.

Le rapport financier indique que la dette à la charge des contribuables s'établit à 213,9 M $, mais que la dette à long terme totale de la Ville et des organismes qui se trouvent dans son périmètre comptable est de 380 millions $ au 31 décembre 2011. Ce montant inclut toutefois toutes les dettes, y compris celles pour lesquelles le service de la dette est assumé par des tiers. C'est la raison pour laquelle le maire et les hauts fonctionnaires préfèrent utiliser la dette à la charge de l'ensemble de la Ville (213,9 millions $) parce qu'elle est selon eux plus représentative de l'endettement réel.

Yves Lévesque a aussi fait remarquer qu'il est intéressant de regarder la valeur de l'ensemble des actifs de la Ville, qui s'élève à 817 millions $. «Notre patrimoine collectif est en meilleur état», a-t-il insisté. La richesse foncière uniformisée de la Ville s'élève maintenant à 8,8 milliards $ alors qu'elle était de 4,4 milliards $ au moment de la fusion en 2002.

Une portion des surplus sera versée sur la dette

Comme il l'avait laissé entendre il y a quelques semaines, le maire Yves Lévesque entend consacrer une partie des surplus dégager lors du dernier exercice financier pour rembourser une partie de la dette de la Ville. Environ 4 millions $, avance-t-il. "Avant, on prenait nos surplus et on initiait de nouveaux projets. Maintenant, on arrive à un moment où il est possible de commencer à réduire notre dette. J'avais dit lorsque j'ai été élu que ça prendrait entre dix et douze ans. On est rendu là", explique-t-il.

Le montant consacré au versement sur la dette n'est pas encore officiellement adopté. Il le sera lorsque le conseil déterminera comment seront affectés les surplus, vraisemblablement à la prochaine assemblée publique.

Le conseiller du district du Carmel, André Noël, avait préparé un projet de résolution très précis sur le sujet mais a finalement accepté de le retirer de l'ordre du jour en attendant les discussions qui précéderont l'affectation des surplus. Le conseiller, appuyé par ses collègues du Groupe des sept, souhaitait faire adopter cette résolution qui prévoit que dès l'instant où le surplus accumulé de la Ville excède 7 millions $, la partie excédentaire serait immédiatement affectée au paiement et à la réduction de la dette.

Cette proposition repose sur une observation selon laquelle il y a maintenant une tendance récurrente qui consiste à "dégager, année après année, des surplusbudgétaires majeurs", résultat d'un mélange entre la croissance économique et une certaine forme de surtaxation.

"On la voit la tendance qui s'installe depuis 2004. On annonce des surplus modérés au moment où le maire présente son rapport sur la situation financière, vers la fin de l'année, mais le résultat réel aux états financiers est largement supérieur. Au fond, ce qu'on fait, c'est de dégager des surplus pour payer comptant des dépenses, sans passer par le processus de consultation. On le voit comment ça marche", déplore le conseiller Noël.

Le maire se défend de vouloir faire de la surtaxation. Il réitère que 13,5 millions $, sur un budget total de 218 millions $, ce n'est pas énorme. La justification viendra toutefois du directeur général, Michel Byette, qui confirme que la Ville ne ferait pas de surtaxation. "On gère en fonction des données qu'on a. On a beau consulter des spécialistes, des comptables, il arrive quand même qu'on a des surprises. Des bonnes comme des moins bonnes. Au cours des dernières années, les résultats en ce qui a trait à la construction n'étaient pas prévisibles, pas plus que l'explosion de la valeur des droits de mutation", conclut-il.

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