Les manifestants, la plupart membres du mouvement Anonymous, étaient venus principalement de Montréal et de Québec pour célébrer la fermeture du centre de désintoxication. Ils prenaient le thé sur une table installée sur le bord de la route et dansaient au son d'une musique techno. Sans les affiches, la manifestation aurait pu passer pour une mascarade. "Nous avons gagné et vous avez perdu", disait en anglais dans un porte-voix un des manifestants masqués.
Deux des organisateurs de la manifestation, Pierre-Louis Leclerc et Christian Riopel, disaient lutter depuis plus de cinq ans contre les pratiques de l'Église de scientologie. "Les liens sont clairement établis entre l'Église de scientologie et les centres Narconon", affirme Pierre-Louis Leclerc. "On pratiquait des techniques non prouvées scientifiquement et dangereuses pour les patients."
Rappelons d'ailleurs que le centre de désintoxication Narconon a été contré, il y a deux semaines, de fermer ses portes. Le centre ne satisfaisait pas à 42 des 55 critères nécessaires pour obtenir sa certification du ministère de la Santé dont 26 jugés à facteurs de risques élevés.
L'Agence de santé de la Mauricie et du Centre-du-Québec a soulevé plusieurs procédés discutables utilisés chezNarconon comme leur méthode de sudation combinée à une prise massive de vitamines de même que l'absence de supervision médicale. Les résidents pouvaient passer de cinq à six heures par jour dans un sauna, et ce, pendant 25 jours. Des méthodes qui ne sont pas reconnues par le ministère de la Santé. De plus, des résidents ont dit avoir été empêchés de quitter le centre. Narconon a 60 jours, à compter du 17 avril, pour contester sa fermeture devant les tribunaux.
David Love, un ancien patient et employé de Narconon, affirme que les techniques dangereuses utilisées dans ces centres ont causé la mort de nombreux participants aux thérapies. "Les centres Narconon sont responsables de la mort de 80 personnes. Dans un centre en Oklahoma, nous avons répertorié trois décès au cours des derniers mois", affirme-t-il. "Une très bonne amie à moi est décédée après des traitements avec des doses massives de vitamines reçues ici à Trois-Rivières. Son foie n'a pas supporté une telle dose."
Par ailleurs, David Love prétend que les membres de l'Église de scientologie occupent toujours le bâtiment. Il a survolé en avion samedi le site de Narconon et a vu, en raison de la présence de véhicules, la preuve que le bâtiment était toujours utilisé.
David Love prétend que les usagers du centre ont quitté la région pour être transférés dans d'autres centres Narconon, notamment aux États-Unis. Selon son site Internet, Narconon possède 50 centres de désintoxication dans 21 pays à travers le monde. Au Canada, il existe deux autres centres de réhabilitation, en Alberta et en Colombie-Britannique, ainsi que deux centres de prévention, à Vancouver et Montréal. Le prochain combat de David Love contre les centres de Narconon se tiendra en Oklahoma.