Salaire de Monique Leroux: «Ça mérite qu'on refasse une réflexion»

L'ex-président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, était l'invité samedi... (Photo: Sylvain Mayer)

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L'ex-président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, était l'invité samedi de la Société Saint-Jean-Baptistede la Mauricie.

Photo: Sylvain Mayer

 

Gabriel Delisle
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) De passage à Trois-Rivières ce week-end, l'ex-président du Mouvement Desjardins, Claude Béland, estime que la rémunération annuelle de 3,1 millions $ de Monique Leroux devrait faire l'objet de débats de la part des membres de la coopérative. Il affirme également que Desjardins devrait se recentrer sur sa mission coopérative.

"La question qui a été soulevée par les gens de Trois-Rivières mérite une grande réflexion", croit l'ancien numéro un de Desjardins. "Je suis content que ça vienne d'une caisse", ajoute-t-il.

Rappelons que 55 % des membres de la Caisse Desjardins des Trois-Rivières présents à l'assemblée générale annuelle la semaine dernière, soit 200 sur les 44 000 membres, ont appuyé une résolution dénonçant le salaire versé à la présidente du Mouvement des caisses Desjardins, Monique Leroux.

La rémunération totale de Mme Leroux, incluant une prime d'intéressement et les engagements envers son régime de retraite, frôle les 3,1 millions $. Son salaire de base en 2012 est fixé à 983 000 $.

"Un patron qui gagne 30 fois le salaire moyen de ses employés est acceptable aujourd'hui. Lorsque j'étais en poste, 20 fois le salaire du plus bas salarié était la norme. Si le plus bas salarié gagnait 20 000 $, le patron ne pouvait pas dépasser 400 000 $", se souvient M. Béland. "Mais aujourd'hui, c'est bien plus que ça. Nous avons des ratios de 180 fois jusqu'à 300 fois le salaire des employés."

"Monique Leroux n'a pas demandé son salaire. Il a été voté par l'assemblée générale de la fédération. Mais, ça mérite qu'on refasse une réflexion à ce sujet", souligne M. Béland.

Claude Béland ne croit pas que le Mouvement Desjardins est une banque comme les autres. À ce titre, ses règles de gouvernance et de rémunération devraient être différentes. "Même la publicité de Desjardins le dit: "Ceci n'est pas une banque". On se réunit en coopérative pour être équitable."

Même si Claude Béland a quitté le Mouvement Desjardins il y a 12 ans, il continue de recevoir nombre de courriels provenant de membres préoccupés par les orientations de leur institution financière. "Je pense qu'ils me prennent pour l'Ombudsman du mouvement", souligne-t-il. "Je leur demande toujours s'ils sont allés faire valoir leurs préoccupations en assemblée générale. Souvent, ils me disent que non, qu'ils n'avaient pas le temps."

"Mais si on veut du changement dans un mouvement démocratique comme Desjardins, la meilleure façon c'est de l'exprimer en assemblée générale comme l'a fait la Caisse des Trois-Rivières", affirme-t-il.

"Les membres doivent décider ce qu'ils trouvent de raisonnable comme rémunération. En ce moment, il me semble que ce sont des petits groupes qui le font parce que les membres ne s'en préoccupent pas."

Claude Béland était l'invité samedi de la Société Saint-Jean-Baptiste de la Mauricie réunie en assemblée générale. Il a présenté une conférence sur le Mouvement Desjardins et le contrôle par les Québécois de leur économie.

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