Aujourd'hui, la voix de Martine résonne et laisse transparaître la sérénité et le bonheur que la jeune femme a su retrouver au fil des épreuves. Informée du drame que vivait la mère de famille de 34 ans, Martine n'a pas pu trouver autre chose que des mots d'encouragement à envoyer à la famille, car elle sait trop bien que le soleil finit toujours par briller de nouveau.
«Le plus important, c'est de rester positif. C'est facile à dire après coup, mais il faut rester unis dans l'épreuve. La vie finit par redevenir normale, même si c'est dur à croire», évoque Martine Savard-Gauthier.
Cette dernière se souvient que la période la plus difficile pour elle a été le moment où elle était à l'hôpital. C'est pourquoi ses pensées allaient vers Marie-Sol et sa famille en ces jours très difficiles. «Le plus dur, c'est quand tu es à l'hôpital et que ça vient de se produire. Tu ne sais pas si tu vas t'en sortir, comment sera la vie. Mais après, je me souviens avoir commencé la rééducation au centre Interval, et je voyais mon état s'améliorer de jour en jour. J'avais un objectif, c'était celui de marcher à nouveau, et plus j'avançais dans ma rééducation, plus ça m'encourageait. C'est important de se fixer des objectifs», croit-elle.
Une chambre chanceuse
La famille de Marie-Sol était au fait de l'histoire de Martine Savard-Gauthier. Du personnel médical aurait même indiqué à la famille que Marie-Sol se trouvait dans la même chambre qu'occupait la jeune femme il y a cinq ans. Une anecdote qui n'a pas été sans faire réagir Martine. «Ça doit être une chambre chanceuse! Je me souviens à l'époque qu'une femme était venue me voir et me disait avoir été soignée là elle aussi. Elle avait été amputée des deux jambes, et arrivait très bien à marcher de nouveau. C'est à mon tour maintenant, je donne au suivant», remarque-t-elle.
Le cas de Martine Savard-Gauthier avait défrayé les manchettes partout au Québec à l'été 2007. En quelques semaines, une grande collecte de fonds avait été organisée, qui avait même permis à la jeune femme d'avoir une maison neuve, adaptée à sa condition. L'équipe de Chantal Lacroix et son émission «90 minutes de bonheur» avait également contribué à cette réalisation.
Toujours installée dans sa nouvelle maison de Saint-Boniface avec ses trois enfants, Martine se souvient avoir tiré du positif de tout ce tourbillon médiatique qui l'entourait. «Pour moi, tous les gens qui ont contribué de près ou de loin m'ont motivée, sans nécessairement être présents à mes côtés. C'est comme s'il y avait plein de monde en arrière de toi, comme une force invisible qui te transporte, une tape dans le dos qui arrive d'on ne sait pas trop où, mais qui fait tellement de bien», se rappelle-t-elle.
Quant à ses enfants, Martine explique que l'épreuve les aura fait grandir, pour le mieux. «Les enfants apprennent à vivre avec, mais ils deviennent plus grands à l'intérieur d'eux-mêmes. Ma fille côtoyait un enfant handicapé dans sa classe, et elle allait toujours vers lui. À ses yeux, il n'avait pas de handicap, il était comme les autres. Les enfants sont fascinants, les miens m'ont été d'un grand secours», confie-t-elle.
Martine Savard-Gauthier n'exclut pas d'aller rencontrer la famille de Marie-Sol Saint-Onge, si cette dernière en ressentait le besoin ou en faisait la demande. «Ils doivent vivre ce qu'ils ont à vivre en privé, mais si je peux faire quelque chose pour les aider, ça me fera plaisir», conclut-elle.