Hier après-midi, la société immobilière Olymbec a confirmé l'acquisition du vénérable édifice pour la somme de 490 000 $. Au cours des prochains jours, la spectaculaire transformation des entrailles de cet amphithéâtre s'amorcera afin de permettre aux quelque 130 employés de Revenu Québec d'intégrer leurs nouveaux bureaux le 19 décembre au plus tard.
Le défi n'émeut pas particulièrement les dirigeants, habitués de donner une nouvelle vie à des bâtiments délabrés. Pour Olymbec, il s'agira quand même d'une première transformation d'aréna parmi ses 200 propriétés concentrées dans l'est du Canada et dans quatre états américains.
«La particularité, c'est qu'il y avait de la glace en-dedans!», sourit Derek Stern, fils du fondateur de la compagnie et vice-président d'Olymbec. «Depuis 35 ans, nous nous spécialisons dans la conversion de bâtiments en leur donnant une deuxième vie. Mais un bâtiment, ça reste un bâtiment!»
Marc Laliberté, directeur des opérations au bureau régional d'Olymbec, ajoute que l'entreprise travaille sur les plans d'ingénierie depuis au moins un mois.
«Un aréna, c'est un bol de béton couvert d'acier», résume-t-il. «Il faudra quand même démolir les estrades, une opération un peu plus spéciale.»
Les nouveaux propriétaires n'ont pas voulu dévoiler la valeur des travaux qui s'étaleront sur le reste de l'année, M. Stern les estimant sommairement à «quelques millions» de dollars.
Sans surprise, le toit de l'immeuble devra recevoir une attention spéciale, avec l'ajout de colonnes et le renforcement des poutrelles maîtresses. La Ville devait prendre les moyens pour souffler la neige depuis plusieurs années afin d'éviter un effondrement.
De l'extérieur, la fenestration de l'immeuble subira toute une transformation. Mais le cachet historique de cet aréna construit en 1937 sera respecté.
Les plus importants travaux se dérouleront évidemment à l'intérieur. Un deuxième étage sera construit, où seront d'ailleurs situés les services de Revenu Québec, qui occuperont pratiquement la moitié de la superficie disponible. Cette dernière passera de 40 000 à 65 000 pieds carrés avec les réaménagements qui prendront forme.
Au rez-de-chaussée, Olymbec procédera à la location d'espaces pour d'autres bureaux ou commerces. L'installation d'un ascenseur est aussi prévue.
Intérêt significatif
Rappelons qu'Olymbec a profité d'un appel d'offres de la Société immobilière du Québec pour effectuer cette percée à Shawinigan. Contre toute attente, elle avait battu toutes les soumissions pour l'établissement de la deuxième phase du projet de Revenu Québec, avec un bail de dix ans pour la somme de 6 467 453 $.
Les quelque 70 employés qui formaient la première vague quitteront donc la 5e Rue à la fin de l'année pour intégrer cet aréna transformé.
Dans le cadre de cette transaction, la Ville de Shawinigan cède également un droit d'utilisation du stationnement. Olymbec dispose d'un droit de premier refus si jamais l'administration municipale décidait de vendre ce terrain.
M. Stern assure qu'en s'installant à Shawinigan, Olymbec recherchera d'autres opportunités d'acquisition pour rentabiliser les coûts de gestion dans ce marché.
«À Trois-Rivières, nous avons commencé en 1999 et aujourd'hui, nous sommes rendus à 34 bâtiments», fait remarquer le vice-président. «Nous avons une bonne relation avec cette ville et nous espérons que nous en développerons une aussi bonne avec Shawinigan.»
Pour le maire Michel Angers, cet intérêt est évidemment considéré comme un signal fort révélateur.
«C'est une excellente transaction», se félicite-t-il. «Le Plan particulier d'urbanisme de la Pointe-à-Bernard avait comme but d'élargir la clientèle et de diversifier l'offre du centre-ville. Ce projet se retrouve donc au coeur de notre objectif.»
À la Ville, l'ensemble de cette propriété était évaluée à 891 200 $, dont 704 400 $ pour l'aréna seulement. M. Angers assure toutefois que deux études ont été réalisées pour établir la valeur marchande de l'immeuble, utilisé comme entrepôt municipal depuis trois ans.
«On ne fait de cadeau à personne», souligne-t-il.
Le maire indique que «quelques projets» avaient été proposés à l'hôtel de ville pour donner un nouveau souffle à l'aréna Jacques-Plante au cours des dernières années. La démolition était envisagée en dernier recours, d'autant plus que la facture d'un million de dollars qui accompagnait ces travaux n'attirait guère le conseil municipal.
Le maire a également rappelé qu'une étude avait conclu que la remise aux normes de cet aréna aurait nécessité des débours de dix millions de dollars.
«Ça avait incité l'ex-conseil municipal à se tourner vers une autre option, la construction du Centre Bionest.»