Sujet étrange, s'il en est un, pour un magnifique matin printanier du mois d'avril, mais comme l'a fait valoir le professeur Olry d'entrée de jeu: «La culture a toujours droit de cité, peu importe où l'on se trouve.»
Il n'est en effet pas mauvais de se familiariser un peu avec les sujets considérés comme paranormaux, signale le professeur Olry, car dans le milieu des affaires, certains se servent de faits ésotériques pour attirer la clientèle. Mieux vaut le savoir que de l'ignorer. «Il y a beaucoup de spécialistes de logos de compagnies qui font des logos à partir de faits ésotériques. Ça se fait de plus en plus pour attirer la clientèle», illustre-t-il.
Le professeur Olry, qui enseigne à l'UQTR l'anatomie, la biologie médicale, la médecine humaine, la physiopathologie humaine ainsi qu'un cours fort populaire sur les phénomènes dits paranormaux, s'intéresse aussi de très longue date à divers sujets étranges, dont les cas de possession diabolique et d'exorcisme.
Régis Olry est loin d'être un oiseau rare. De grands noms de la science s'y sont aussi penchés comme le célèbre psychiatre américain Scott Peck, le neurologue français Jean Lhermite, le spécialiste des sciences de l'évolution Richard Dawkins et Françoise Dolto, figure emblématique de la psychiatrie française.
Les cas dits de possession par des entités démoniaques ont été répertoriés de tout temps dans l'histoire. Même les Évangiles en font mention à plusieurs reprises.
Avec l'évolution de la science, toutefois, beaucoup de cas que l'on croyait autrefois relever de la possession ont pu être expliqués par des maladies maintenant fort bien connues des psychiatres et des neurologues, comme le syndrome Gilles de la Tourette, les troubles dissociatifs de l'identité (personnalités multiples), la schizophrénie, l'épilepsie, la paralysie du sommeil, l'encéphalite à anticorps anti-récepteur du NMDA et l'hystérie, pour ne citer que ceux-là.
Malgré tout, il reste des cas toujours inexplicables qui captivent et intriguent les chercheurs. En fait, si l'on a compté par milliers les cas supposés de possession diabolique dans le monde, la grande majorité, on le sait maintenant, n'en étaient finalement pas. «Il y en a eu une vingtaine dans l'histoire, au plus et ça ne veut pas dire que ce sont des cas réels», signale le professeur Olry.
Ce dernier a longuement décrit, dans sa conférence, l'un de ces mystérieux et rares cas, fort célèbre d'ailleurs, celui d'Anneliese Michel, cette jeune Allemande morte des suites de ce qui fut considéré comme de la possession diabolique. Aucun médecin n'a pu encore lever le voile sur cette affaire.
Ce cas était fort remarquable, car il combinait plusieurs symptômes apparentés à des manifestations de plusieurs maladies d'ordre neurologique et psychiatrique, mais que les médecins n'ont jamais été en mesure de diagnostiquer formellement par les tests habituels.
Malgré diverses tentatives, les médecins n'ont donc rien pu pour la jeune femme. La famille s'est alors tournée vers l'Église qui a reconnu en Anneliese un cas de possession et accompli pas moins de 70 séances d'exorcisme, dont certains extraits sonores sont sur le web aujourd'hui. Anneliese Michel a finalement été trouvée morte par ses parents. Elle était déshydratée, dénutrie et ne pesait plus que 31 kilos. Sa mort a été considérée comme suspecte. Les parents ainsi que les deux exorcistes ont été accusés de négligence criminelle ayant causé la mort sans intention de la donner, mais ne furent finalement pas incarcérés.
Le professeur Olry partage ses connaissances de certains phénomènes paranormaux dans le cadre de l'émission hebdomadaire Science et fiction à TV Cogeco Mauricie câble 11. Il prendra part à une nouvelle série avec de nouveaux thèmes à partir de l'automne prochain.