"Je cherchais une façon de m'impliquer. Je n'ai pas de connaissances en médecine, il n'y a pas grand-chose que je puisse faire. Mais j'ai décidé de tourner le négatif en positif, d'en faire un projet structurant. Si je ne peux pas guérir le cancer, je peux aider ceux qui tentent de le faire", souligne la jeune femme de 24 ans.
C'est en 2009 que la maladie a été diagnostiquée chez son père, Ghislain Loranger. Depuis, les traitements reçus ont été efficaces et il est maintenant en rémission. "J'ai été très chanceux. Je suis une personne en bonne forme physique, je n'ai pas eu à trop arrêter le travail non plus pendant les traitements", se souvient celui qui a subi de la radiothérapie, de la chimiothérapie et une greffe de moelle osseuse.
Et même si l'histoire se termine bien dans le cas de la famille Loranger, Caroline et Ghislain savent trop bien que le cancer pourrait frapper une autre famille. "Au début, j'étais réticent à ce qu'elle fasse tout ça pour moi. Mais ensuite, j'ai réalisé que si je vais bien aujourd'hui, c'est justement grâce à la recherche, et il faut que ça continue. Alors je l'encourage à 100 %", confie le père, visiblement fier de sa fille.
Mais la préparation n'est pas de tout repos pour cette étudiante à la maîtrise en littérature de l'Université McGill. "J'étais une personne plutôt sédentaire, toujours le nez dans ses livres ou à l'ordinateur pour les études. J'ai commencé l'entraînement pour me préparer. Maintenant, je m'entraîne quatre jours par semaine à raison d'une heure par jour. J'espère bientôt pouvoir monter à cinq jours", constate celle qui doit conjuguer ses études avec cette nouvelle discipline.
Cet été, elle se rendra aussi au Pérou avec son copain afin d'escalader le Machu Picchu en guise d'entraînement. D'ici là, elle multiplie les rencontres avec le groupe de 35 personnes qui l'accompagneront du 30 septembre au 12 octobre en Afrique, et qui ont tous une bonne raison de gravir le sommet.
"On a tous un héros pour qui on le fait. Moi, c'est mon père. Nos rencontres de groupe servent à mieux se connaître, à réagir à nos limites, à comprendre ce qui nous attend. Il est possible que certains ne soient pas capables de finir, mais on souhaite tous se rendre jusqu'au bout", explique Caroline.
Évidemment, réaliser un tel défi signifie aussi amasser le maximum d'argent pour financer le voyage et verser des dons intéressants à la Société de recherche sur le cancer. L'objectif de Caroline est d'amasser 11 000 $, dont plus de 60 % ira directement à la recherche.
À ce jour, la jeune femme a pu amasser un peu plus de 3700 $, et compte sur la générosité des gens pour parvenir à son objectif. "Je pense organiser des levées de fonds ici et à Montréal. Dans la région, il y aura bientôt une soirée-bénéfice, et à Montréal je vais organiser un karaoké. Les gens peuvent aussi donner sur Internet", rappelle la jeune femme.
Il est possible de contribuer à son objectif en se rendant sur le site http://src-crs.ca/fr-CA/KILI2012/CarolineLoranger.