Réunis en conférence de presse hier matin, les exécutifs des deux syndicats, qui représentent tout près de 600 membres du corps professoral collégial de la région, ont voulu lancer le message que pour eux, la hausse des frais de scolarité telle que proposée par la ministre de l'Éducation et son gouvernement, n'est pas acceptable dans notre société.
«L'éducation publique est et doit demeurer un outil de construction d'une société juste et équitable. En ce sens, garantir l'accessibilité pour tous et toutes constitue la voie pour laquelle le présent gouvernement et ceux qui lui succéderont doivent opter», a déclaré Jean Fournier, président du Syndicat des professeur(e)s du Cégep de Trois-Rivières.
La modification aux frais de scolarité, actuellement proposée par le gouvernement, représenterait une hausse de 127 % sur 10 ans, ont rappelé les syndicats. Une donnée qui, selon certaines études, entraînerait une diminution de 7000 inscriptions annuellement dans les universités québécoises. «Nous sommes dans l'impossibilité de nous réconcilier socialement avec cette perspective qui aurait comme effet de réduire le taux de diplomation aux études supérieures», ajoute M. Fournier.
Son collègue Vincent Roy, vice-président du Syndicat des enseignantes et enseignants du Collège Shawinigan, soutient que l'actuel débat doit franchir les portes des collèges et des universités québécoises, et doit devenir une préoccupation de société. «Profs, parents, jeunes, adultes aux études, travailleurs et travailleuses, contributeurs au budget de l'État québécois, nous devons faire pression sur le gouvernement Charest afin de maintenir les droits de scolarité à une hauteur acceptable, évitant ainsi la charge du surendettement, de l'abandon scolaire ou encore de l'étalement du parcours académique», a-t-il ajouté.
Les deux intervenants ont par ailleurs déploré que la ministre Line Beauchamp ait demandé aux professeurs de continuer l'enseignement, et ce, même si les étudiants faisaient démocratiquement le choix d'aller en grève. Pour eux, il est impensable de franchir les piquets de grève et les syndicats respecteront le choix des étudiants. «Ne vous inquiétez pas, nous avons de l'ouvrage en masse avec la planification de cours, les corrections. On n'aura pas le temps de se tourner les pouces même s'il fallait arrêter l'enseignement le temps d'une grève», signale Vincent Roy.
Pour sa part, Jean Fournier a dénoncé le fait qu'à peine la moitié des sommes consacrées à l'augmentation du financement du budget des universités seront dirigées aux services aux étudiants et à l'enseignement. La balance, rappelle-t-il, profitera à la promotion, la publicité, la gestion, la gouvernance et la recherche qui, elle-même, bénéficie grandement déjà au secteur privé.
«Depuis 1997, les budgets des universités ont augmenté de 142 %, ne le perdons pas de vue», a-t-il lancé, espérant que le gouvernement puisse considérer l'éducation comme un investissement.
«Nous sommes contre les procédures voulant qu'il faut refiler la facture aux étudiants, sous le modèle de consommateur-payeur. Un étudiant diplômé redonnera beaucoup plus à la société par la suite. Les étudiants ne sont pas des consommateurs, mais des citoyens qui contribueront à l'assiette fiscale dans le futur», signale Jean Fournier.
Il est maintenant acquis que les étudiants du Cégep de Trois-Rivières n'iront pas en grève. Pour leur part, les étudiants du Collège Shawinigan voteront mardi prochain.