Gentilly-2: risque réel ou exagéré?

Le mouvement Sortons le Québec du nucléaire estime... (PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS)

Agrandir

Le mouvement Sortons le Québec du nucléaire estime que Gentilly-2 ne résisterait pas à un séisme moyen.

PHOTO: FRANÇOIS GERVAIS

Brigitte Trahan
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Le Québec a beau avoir connu un tremblement de terre de 6,2 à l'échelle de Richter, en 1988, sans que survienne de problématique particulière à la centrale nucléaire Gentilly-2, le mouvement Sortons le Québec du nucléaire (MSQN) a convoqué la presse, hier, pour prévenir que la centrale ne résisterait pas à un tremblement de terre dont la magnitude se situerait entre 5 et 7.

Le MSQN s'est basé, pour faire cette affirmation, sur une analyse d'un de ses membres, le physicien nucléaire Michel Duguay de l'Université Laval.

Selon le professeur Duguay, la possibilité d'avoir un séisme d'une intensité variant entre 5 et 7 à Bécancour, où se situe la centrale, est «envisageable» tandis que celle d'avoir un séisme de 7 à 9 est «faible».

Le professeur Duguay, qui a fait longuement état de ses qualifications professionnelles en physique nucléaire en début de conférence de presse, ne possède toutefois pas d'expertise en géologie.

Il a néanmoins expliqué qu'un séisme caractérisé par une accélération maximum du sol pourrait causer des bris importants à la centrale de Bécancour.

Interrogé à savoir pourquoi le tremblement de terre de 1988 n'avait pas causé de dommages à Gentilly-2, le professeur Duguay répond que tout dépend de la proximité du séisme. Dans le cas de 1988, l'épicentre était au Saguenay. Mais ce serait tout autre chose si l'épicentre était près de la centrale, estime-t-il.

Or, quelles sont les chances d'avoir l'épicentre d'un tremblement de terre important directement à proximité de Gentilly-2?

«Toute la vallée du Saint-Laurent, c'est de la même nature séismique. Donc des gros tremblements de terre comme il peut arriver à Charlevoix, ça peut arriver près de Bécancour. La probabilité que ça arrive, c'est évalué par le Service géologique du Canada à 0,5 % sur 50 ans», dit-il.

«Le prochain gros tremblement de terre, ils l'admettent, ça pourrait être dans la région de Bécancour / Trois-Rivières», dit-il.

À l'occasion du désastre de Fukushima, le maire de Bécancour, Maurice Richard, avait rappelé que la centrale repose sur des amortisseurs afin de prévenir, justement, tout effet néfaste en cas de tremblement de terre.

«Maurice Richard, ce n'est pas un grand domaine d'expertise pour le côté de la séismicité», réplique Michel Duguay.

«Il y a des amortisseurs en dessous de la centrale?», s'est questionné alors tout haut le directeur général de Nature Québec, Christian Simard, qui s'est aussi prononcé sur les effets de l'accélération lors des tremblements de terre durant la conférence de presse.

Le professeur Duguay précise qu'il a obtenu à ce sujet un courriel de Greg Rzentkowski de la Commission canadienne de Sûreté nucléaire dans lequel il est indiqué qu'Hydro-Québec «a fait des études sur le fait des tremblements de terre à Gentilly et jusqu'à 0,39 g (d'accélération lors d'un tremblement de terre) il n'y a pas de problème. Alors qu'est-ce qui arrive à 0,4 g? À 0,5 g?», demande-t-il. À cette question il répète ce que M. Rzentkwoski a répondu aux audiences publiques sur Point Lepreau, c'est-à-dire que le coeur du réacteur fondrait.

À combien de kilomètres l'épicentre du tremblement de terre doit-il être pour causer des dommages à Gentilly-2? «On ne peut pas répondre à ça de façon précise parce que ça dépend si c'est très près de la surface avec une grosse puissance d'accélération», répond le directeur général de Nature-Québec, Christian Simard.

Partager

publicité

publicité

Les plus populaires

Tous les plus populaires
sur lapresse.ca
»

publicité

publicité

Autres contenus populaires

publicité

image title
Fermer