Une journaliste victime de propos injurieux de la part du maire Yves Lévesque

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Le maire Yves Lévesque

Photo: Sylvain Mayer

Nancy Massicotte

Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Une journaliste de Radio-Canada Mauricie a été victime de propos injurieux alors qu'elle assistait à une conférence de presse sur le lancement de la campagne «Gentilly-2, c'est notre économie».

Les paroles tenues devant les micros par les maires Yves Lévesque et Maurice Richard à l'encontre du travail de la journaliste Maude Montembeault ont été jugées à ce point offensantes que la direction de Radio-Canada et la Fédération professionnelle des journalistes du Québec, section Mauricie, ont cru bon dénoncer vivement ce geste. «Nous ne pouvons pas accepter que de pareils commentaires soient tenus sur la place publique. La question posée par notre journaliste était d'intérêt public et ne méritait pas de faire l'objet de tel propos. Nous estimons que les paroles tenues par le maire Lévesque sont inadmissibles et indignes de la fonction qu'il occupe. Il est inacceptable de s'attaquer ainsi à une professionnelle de l'information», a déclaré hier Nancy Sabourin, chef des services français à Radio-Canada, région de la Mauricie.

Lors d'un point de presse tenu à Bécancour lundi matin sur l'avenir de Gentilly-2, Maude Montembeault a en effet demandé à la ministre Julie Boulet si elle était prête à appuyer le projet et ce, même s'il y avait des dépassement de coûts importants. Celle-ci a immédiatement rétorqué: «Écoutez, je ne suis pas innocente non plus», ce qui a déclenché un fou rire dans la salle. C'est à ce moment que le maire de Bécancour Maurice Richard a commenté la question en la qualifiant d'innocente. Yves Lévesque a pour sa part chuchoté ces mots dans l'oreille de Julie Boulet: «Elle, est stupide... moi je l'endure à tous les jours. Elle est tu innocente, elle.» (sic)

Le hic est que ces propos ont été tenus devant des micros ouverts. La direction de Radio-Canada va donc dénoncer par écrit à l'administration municipale de Trois-Rivières les propos du maire Lévesque.

De son côté, la FPJQ-Mauricie considère que la question avait toute sa raison d'être, spécialement dans le cadre d'une conférence de presse portant sur la réfection de la centrale nucléaire. «Force est de constater que cette question inquiète de nombreux citoyens, qui n'étaient visiblement pas invités lors de cette assemblée partisane», a écrit au nom de l'exécutif, Paule Vermot-Desroches, présidente régionale de l'association professionnelle.

La FPJQ-Mauricie estime qu'il est indigne d'un élu comme le maire Yves Lévesque de tenir de tels propos à l'occasion d'une assemblée publique et demande des excuses. «Malheureusement, nous sommes forcés de constater que d'autres attaques personnelles se sont déjà produites à l'endroit de journalistes, attaques pour lesquelles nous avions préféré agir en privé afin de sensibiliser M. Lévesque à la réalité de notre travail. À notre avis, il s'agit clairement d'une tentative de nuire au travail des journalistes et de les empêcher de poser des questions légitimes.»

Rejoint hier après-midi à ce sujet, le maire Lévesque admet s'être laissé emporter par la question de Mme Montembeault. «Vous savez, j'ai le sang chaud. Il s'agit d'un dossier très important pour la région et qui suscite beaucoup d'émotions. J'ai trouvé que sa question, sa façon de la poser, était inappropriée et démesurée. La preuve: la ministre Boulet a elle-même répondu qu'elle n'était pas innocente», a-t-il déclaré.

Il a cependant pris soin de s'excuser. «Il peut m'arriver de traiter mes enfants de stupides; ça ne veut pas dire que je ne les aime pas. Je me suis laissé emporter par les émotions. Je m'en excuse mais il faut remettre le tout dans son contexte», a-t-il ajouté.

Quant à lui, le maire Maurice Richard considère que la journaliste aurait pu poser sa question différemment, ce qui en aurait assurément changé la perception. «Je crois qu'elle était tout simplement mal formulée mais personnellement, la question ne m'a pas dérangé. À titre de journaliste, elle a le droit de poser des questions», a-t-il conclu.

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