Mouvements de médecins: l'Agence de santé impuissante

L'Agence de santé n'a pas vraiment de levier... (Photo: Archives)

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L'Agence de santé n'a pas vraiment de levier pour empêcher les médecins de changer de territoire.

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Guy Veillette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) L'Agence de santé et des services sociaux de la Mauricie et du Centre-du-Québec n'interviendra pas dans la décision des deux médecins de la coopérative de solidarité de Sainte-Thècle de poursuivre leur pratique à Saint-Boniface. Par contre, l'organisation annonce que deux nouveaux médecins français s'installeront à Saint- Tite au cours des prochains mois. L'implantation d'un premier groupe de médecine familiale sur le territoire de la Vallée-de-la-Batiscan est également prévue en 2012.

En quittant la Coopérative de solidarité santé de Sainte-Thècle, Véronique Caya et Samiha Poudrier provoqueront un vide dans cette communauté. Gilles Hudon, directeur aux services de santé et aux affaires médicales àl'ASSS régionale, affirme qu'il ne peut que constater la situation et prendre en considération cette baisse d'effectifs médicaux dans l'élaboration du plan de répartition de 2013.

«Les médecins sont des travailleurs autonomes», rappellet- il. «Dans ce cas, nous avons deux postes dans un secteur qui passent à un autre territoire. Nous n'avons pas vraiment de levier pour empêcher les médecins de faire cela.» Même impuissance du côté de la Fédération des coopératives de service à domicile et de santé du Québec.

«C'est sûr que c'est plate pour un milieu», concède le directeur général, J. Benoit Caron. «C'est à éviter, à mon avis. Peut-être aurait-il pu y avoir un partage. On ne connaît pas le contexte, mais la concurrence, on n'a pas de contrôle là-dessus.»

Ce nouveau développement dans l'interminable feuilleton de l'accessibilité des services médicaux de première ligne alimentera les réflexions au cours des prochains mois.

«C'est clair que le fait que le territoire du Centre de santé et des services sociaux de la Vallée-dela-Batiscan ait perdu deux médecins sera pris en considération dans la répartition des effectifs médicaux en omnipratique pour l'exercice 2013, qui sera conduit vers le début de l'automne prochain », convient M. Hudon.

Pour 2012, le comité de direction du département régional de médecine générale avait déjà accordé deux des 25 nouveaux médecins au CSSS de la Valléede-la-Batiscan. Ils doivent débarquer à Saint-Tite au printemps. Bien que souhaitables, ces additions ne régleront pas, à court terme, le problème d'effectifs à la coopérative de santé de Sainte- Thècle.

«Ça va amener de l'oxygène pour une prise en charge de nouveaux patients sur ce territoire», fait remarquer M. Hudon.

«Ça augmente l'accessibilité.» Nouveau GMFDu même souffle, le directeur ajoute que l'agence régionale travaille sur un projet de Groupe de médecine familiale dans la Vallée-de-la-Batiscan, qui devrait également aboutir au printemps. Cette nouvelle structure n'ajoutera pas de médecins, mais elle en regroupera une quinzaine sous un même toit en leur offrant des avantages qui favoriseront leur rétention.

«Si tout se passe bien, le GMF verra le jour à la fin du printemps ou au plus tard, à l'automne», avance M. Hudon. «Concrètement, pour les gens du coin, ça signifie un support additionnel aux médecins pour le secrétariat, l'administration et les soins infirmiers. Ça libère du temps aux médecins et ça leur permet de prendre plus de gens en charge. Ce sera une première sur ce territoire.»

M. Hudon confirme qu'une forte proportion de patients des deux femmes pourront les suivre à Saint-Boniface, puisqu'ils habitent principalement au village ou à Shawinigan.

«On laisse quand même entre 150 et 160 patients sans médecin de famille, mais nous avons confiance qu'avec la création d'un GMF et une meilleure organisation sur le territoire, ces gens pourront compter à nouveau sur un médecin de famille.» Ironiquement, en 2010, la Coopérative de solidarité santé de Saint-Boniface croyait bien qu'une association avec le GMFde Saint-Étienne-des-Grès favoriserait le recrutement de médecins.

Ces derniers ont toutefois manifesté peu d'intérêt envers cette nouvelle coopérative. En conséquence, la coop santé de Saint-Boniface a tout simplement décidé d'exiger des frais annuels à ses membres pour offrir certains avantages pour attirer les médecins, comme un loyer gratuit.

Ainsi, mesdames Caya et Poudrier n'auront pas à adhérer au GMF de Saint-Étienne-des-Grès. Elles ne bénéficieront donc pas de cet encadrement, mais d'un autre côté, elles n'auront pas de quota de patients ou d'h eures de service à rencontrer. On dénombre actuellement 21 GMF sur le territoire de l'agence régionale.

«La liberté appartient aux médecins», reconnaît M. Hudon. «Nous ne pouvons pas les forcer à adhérer à un GMF. Mais nous les incitons fortement à le faire, parce que les précédents sont très positifs pour ceux qui fonctionnent actuellement.»

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