Lundi matin, dans les pages du Nouvelliste, le Dr Langlois déplorait haut et fort le manque de soutien auquel il était confronté à la Coopérative de solidarité santé de Sainte-Gertrude depuis son ouverture en septembre 2008.
Depuis cette sortie publique, plusieurs personnes ont offert leur soutien au Dr Langlois et ses collègues Caroline Dicaire et Janie Breton, si bien que l'organisme pourra bientôt aller de l'avant avec le projet d'agrandissement de ses locaux.
«Quand j'ai fait ça, je ne pensais pas du tout aux conséquences. Il y a eu une réception massive de mon message dans la population, j'ai reçu plusieurs mots d'encouragement des patients. Je ne m'attendais pas à ça. Cela a permis d'ouvrir le dialogue pour différents projets. On reçoit plusieurs demandes d'aide», lance le diplômé de l'Université de Montréal.
«Il n'y a rien de concret encore, mais il y a quand même eu un électrochoc au niveau de la population, du conseil d'administration et des organismes impliqués. J'ai recommencé à y croire. Je pense que les gens ont compris», assure-t-il.
Déjà 150 000 $ avaient été amassés depuis la mise sur pied de la Coopérative pour ce projet évalué à environ 500 000 $. En ajoutant l'aide de gens d'affaires de l'endroit, le Dr Langlois croit qu'il sera possible d'annoncer les détails du projet d'agrandissement d'ici deux semaines.
Pour le médecin de 31 ans, il ne fait pas de doute que l'avenir de la Coopérative - qui compte près 3000 patients - passe par un agrandissement qui comprendrait une salle d'entraînement avec kinésiothérapeute, des locaux plus vastes pour la physiothérapie et aussi, dans le meilleur scénario, l'implantation d'une pharmacie.
«On a besoin de cet agrandissement là pour rendre l'ensemble du bâtiment rentable. Avec l'agrandissement, on va être capable de générer les revenus nécessaires pour avoir un coordonnateur ou un directeur pour gérer l'ensemble de la Coopérative. Les médecins, eux, vont gérer seulement la clinique. Après, il n'y aura plus de problème pour 30-40 ans», estime-t-il.
D'autre part, Guillaume Langlois a annoncé qu'une entente a été conclue avec le Groupe de médecine familiale (GMF) de Bécancour, qui comprend notamment les établissements des secteurs de Gentilly et de Saint-Grégoire, à Bécancour, ainsi que de Fortierville. Ceci devrait permettre aux médecins en poste de souffler un peu plus, question de s'occuper davantage de leurs patients.
Avec l'arrivée prévue d'un quatrième médecin en septembre prochain à la Coopérative, le portrait semble beaucoup plus encourageant qu'il ne l'était en début de semaine, comme l'explique le Dr Langlois.
«Dans l'état actuel des choses, je ne me serais pas rendu jusque là . Il fallait que ça bouge et vite. Je n'aurais pas abandonné mes patients mais j'aurais arrêté le sans rendez-vous et certains autres services pour faire le strict minimum, le temps que mes patients se trouvent d'autre chose», reconnaît-il.
Par ailleurs, le physiothérapeute Stéphane Ouellet s'est récemment joint à l'équipe de la Coopérative. Il s'agit-là d'un autre facteur qui contribuera à alléger les tâches de chacun. D'autres professionnels de la santé ont même contacté la Coopérative pour offrir leurs services.
Importance d'une pharmacie
Maintenant que tout semble être en place pour lancer le projet d'agrandissement, Guillaume Langlois soutient qu'il ne reste plus qu'à convaincre une pharmacie de s'y installer pour procurer un environnement optimal à la clientèle.
«Un pharmacien et un physiothérapeute, c'est essentiel depuis le départ si on veut être capable de faire face à la clientèle. Avec une pharmacie, ça permettrait d'y diriger toute la clientèle qui n'a pas nécessairement besoin de voir le médecin. Ils pourraient alors s'arranger entre l'infirmière et le pharmacien», mentionne le Dr Langlois qui semble avoir mis une croix sur une possible contribution financière du gouvernement.
«Le gouvernement ne veut pas reconnaître qu'on est un établissement de santé. À un moment donné, je pense qu'il n'aura pas le choix, mais on ne peut pas attendre après le gouvernement. Il faut aller de l'avant en se mobilisant nous-mêmes», lance-t-il.