Le permis d'alcool du Chummy Pub suspendu

(Trois-Rivières) Le permis d'alcool du bar Le Chummy Pub, situé sur la 3e Rue, dans le secteur Grand-Mère, est suspendu jusqu'au 6 février. La Régie des alcools, des courses et des jeux reproche aux responsables du Chummy Pub de ne pas avoir chassé des vendeurs de drogue qui opéraient dans leur établissement en 2009, et ce, même s'ils en avaient averti les policiers.

En effet, selon la décision de la RACJ, au printemps 2009, une enquête policière a été initiée dans le but de mettre un terme au trafic de stupéfiants à l'intérieur des établissements licenciés. La Sûreté du Québec a mis sur pied une opération d'infiltration dans divers bars de Shawinigan dont Le Chummy Pub (connu aussi sous le nom de l'Hôtel de la Salle). Des agents d'infiltration ont facilement réussi à se procurer de la cocaïne à cet endroit à quatre reprises en mai 2009. Les deux trafiquants impliqués ont été arrêtés en septembre 2009.

Dans sa décision, la RACJ précise qu'en aucun cas, la preuve ne permet d'impliquer les responsables du bar dans des activités reliées aux stupéfiants. D'ailleurs, dans son témoignage, l'ancien actionnaire, Donald Fortin (sa fille et son fils, France et Réjean, ont pris la relève en 2007) dit avoir eu des doutes dès 2008 sur de possibles transactions de drogue dans le bar. Il dit en avoir avisé la Sûreté du Québec à plusieurs reprises à compter de 2008 ainsi qu'en 2009. Selon son témoignage, les policiers lui auraient répondu qu'ils n'étaient pas prêts à intervenir tout de suite.

Mais avertir les policiers n'était pas une mesure suffisante note la RACJ, qui croit que les actionnaires auraient dû prendre davantage de mesures pour mettre fin à ce trafic. «Le fait que les policiers furent avisés de ces constatations ne libérait pas la titulaire de son obligation de mettre en place des mesures pour tenter de mettre un terme aux activités de ces individus. Les policiers ne peuvent agir à titre individuel pour chaque établissement comme le ferait une agence de sécurité privée et le fait de dénoncer une situation problématique ne libère pas l'exploitant de son obligation personnelle d'agir pour tenter de faire cesser des agissements illégaux», peut-on lire dans la décision.

La RACJ reproche notamment aux responsables de ne pas avoir sérieusement confronté les serveuses qui étaient sur place en même temps que les vendeurs de drogue. Selon la décision de la RACJ, ces serveuses étaient au courant des activités illicites et étaient même complices en tolérant la présence des vendeurs et en dirigeant les clients vers eux. «La titulaire doit donc répondre des omissions ou fautes de ses employés, d'autant plus lorsqu'il apparaît que la commission de gestes illégaux n'est pas isolée.» Elles ont finalement été congédiées en mai 2011 après que les administrateurs eurent reçu l'avis de convocation de la Régie.

Selon les actionnaires, il n'y a plus de problèmes de stupéfiants à cet endroit depuis les arrestations survenues en septembre 2009. Le permis d'alcool a été suspendu hier pour une période de 14 jours. Les boissons alcooliques ont été mises sous scellés.

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