Plusieurs milliers d'étudiants se sont d'abord rassemblés à la place Émilie-Gamelin, alors que les parapluies se mêlaient aux pancartes qui dénonçaient la décision du gouvernement Charest.
Les étudiants ont entrepris une marche vers 14h45 sur la rue Berri, alors que les policiers de l'unité antiémeute les escortaient, tout en se faisant discrets. Les étudiants prévoyaient notamment s'arrêter devant les bureaux montréalais du premier ministre Jean Charest, au coin des rues Sherbrooke et McGill College.
Malgré la pluie, les jeunes débordaient d'enthousiasme et ont accueilli sous les applaudissements - et faisant retentir leurs instruments de musique - le début des discours des représentants étudiants, qui précèdent le début de la marche. Les organisateurs estiment que plus de 20 000 manifestants sont présents.
En matinée, des dizaines d'autobus avaient convergé vers la métropole. Les organisateurs espéraient que des dizaines de milliers d'étudiants des universités et des cégeps de partout au Québec répondraient à l'appel.
Plus de 200 000 étudiants sont en grève ou en «levée de cours» jeudi pour participer à la grande marche, ont rappelé les organisateurs. Il s'agit de près de la moitié des étudiants de niveau postsecondaire dans la province.
En Mauricie, Une trentaine d'étudiants ont d'ailleurs donné un petit avant-goût du rassemblement à Montréal, en matinée, en manifestant devant le Cégep de Trois-Rivières, en grand renfort de slogans et de pancartes. Il était prévu qu'environ 150 étudiants du Cégep se rendent dans la métropole. Une dizaine de professeurs devaient les accompagner par solidarité.
Même chose du côté du Collège Shawinigan où une délégation du Syndicat des enseignantes et enseignants prend part à l'événement. De ce côté, c'est entre 50 et 60 étudiants qui comptaient se mêler à la marée humaine à Montréal. À l'UQTR, ils devaient être une centaine. Rappelons que les étudiants des collèges de Shawinigan et de Trois-Rivières bénéficient d'une levée de cours, alors que ce n'est pas le cas pour l'UQTR.
Rappelons que la hausse prévue pour l'inscription à l'université est de 1625 $ sur cinq ans - ou 325 $ par année -, portant la facture à 3793 $ en 2016. Il s'agit d'une croissance de 75 pour cent en cinq ans.
Cette augmentation aura des conséquences négatives sur l'accès aux études, dénoncent les étudiants.
«L'accès à l'éducation est un droit et, à ce titre, il ne devrait pas être réservé à ceux et celles qui pourront payer», a dénoncé Keena Grégoire, de la faculté des arts de l'UQAM, dans un communiqué.
Les étudiants espèrent toujours que Jean Charest fera marche arrière. Mais celui-ci a fermement indiqué, mercredi, qu'il entendait maintenir le cap. Le gouvernement soutient que les droits de scolarité au Québec sont les plus bas au pays. La hausse est nécessaire, selon le gouvernement, pour assurer un enseignement de qualité.
Le Parti québécois s'est opposé à la décision du gouvernement libéral, en soutenant que l'augmentation découragera les étudiants à poursuivre leurs études et alourdira le fardeau financier des parents.
Des députés péquistes devaient d'ailleurs prendre part à la marche, tout comme Françoise David et Amir Khadir, les deux coporte-parole de Québec solidaire.
Quant à la Conférence des recteurs et principaux des universités du Québec (Crépuq), elle estime que tous ceux qui bénéficient de l'éducation devraient y contribuer - la société, mais aussi les étudiants.
«On considère que cette hausse annoncée est raisonnable, et on a toujours soutenu qu'il fallait qu'il y ait une bonification des programmes de prêts et bourses au même moment qu'une hausse, et cela a également été annoncé», a indiqué jeudi matin le président directeur général de la Crépuq, Daniel Zizian.
Il affirme que tous les étudiants boursiers actuels ne seront pas touchés par la hausse, parce que leur bourse sera augmentée en conséquence. Selon lui, sans cette augmentation des droits, le financement des universités sera à risque. Cette position est partagée par plusieurs associations patronales.
Mais les étudiants pourront compter sur l'appui des professeurs de l'UQAM. Réunis en conseil syndical, ils ont voté mercredi une résolution à l'unanimité contre la hausse des droits de scolarité, et ont incité les professeurs de l'UQAM à participer massivement à la manifestation.