L'arrestation de Mouna Diab étonne à Hérouxville

Mouna Diab lors de sa visite à Hérouxville... (Photo d'archives)

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Mouna Diab lors de sa visite à Hérouxville en 2007.

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Louise Plante
Le Nouvelliste

(Hérouxville) Mouna Diab, cette jeune femme musulmane qu'on a vue débarquer le 11 février 2007, à Hérouxville, avec un groupe de femmes pour une visite amicale dans le but de combattre les préjugés négatifs contre les musulmans, a comparu la semaine dernière au palais de justice de Montréal.

Elle est accusée d'avoir tenté, le 19 mai dernier, d'exporter des pièces d'armes d'assaut (AR-15), alors qu'elle se rendait au Liban, et ce, en violation de l'embargo des Nations-Unis.

Elle a été arrêtée à l'aéroport Pierre-Trudeau sans avoir pu s'embarquer.La jeune femme a plaidé non coupable. Elle doit comparaître à nouveau le 10 novembre. Elle n'a fait aucune déclaration et sa famille vivant à Laval a refusé de commenter l'affaire.

Le maire d'Hérouxville, Bernard Thompson, n'en revenait tout simplement pas. Un journaliste du National Post tentait d'ailleurs encore de le contacter, lundi matin, pour connaître ses impressions. C'est que le code de vie d'Hérouxville et ses répercussions au Québec, (dont la Commission Bouchard -Taylor) ont fait le tour du monde. Alors qu'il participait à une conférence de presse de la ministre Julie Boulet dans sa localité, le maire Thompson était encore visiblement incrédule face à ce nouveau rebondissement.

«Cette histoire m'a étonné pour le moins, même si on pouvait se douter à l'époque que ces jeunes faisaient partie d'un mouvement étudiant revendicateur assez fort (trois jeunes hommes membres de l'Association des jeunes libanais de Montréal les accompagnaient). Mais de tomber sur un article comme ça, (qu'une amie lui a signalé) qui parle d'armement! Ça m'étonne beaucoup. Ça voudrait peut-être dire à ce moment-là, qu'on n'avait pas complètement tort de prétendre que tout se fait parfois sournoisement et tranquillement. C'est ça ma crainte. On ne sait pas à qui on a affaire. C'est une culture qui est différente avec une façon de voir les choses différente aussi.»

Le maire ajoute qu'on a beau être très réceptif, et analytique, quand on voit une nouvelle comme celle-là on ne peut que se dire: «Ce n'est pas possible!»

«Ces gens-là nous ont dit en 2007: non, nous ne sommes pas dans ce domaine-là (le terrorisme) et regardez, c'est une personne qui serait accusée d'exportation d'armes vers le Liban. Ça me semble très gros. Surtout, si on compare ce conflit avec Hérouxville.»

Si la jeune femme était sincère à l'époque et s'il s'agit bien d'elle, comme le prétend le National Post, le maire se demande ce qui a bien pu se passer pendant ces années pour qu'elle épouse une cause semblable. «C'est difficile à analyser. Qu'est-ce qui fait qu'une personne change?»

Rappelons que l'instigatrice du voyage à Hérouxville était Najat Boughaba. Cette dernière avait été reçue par Luce Drouin, l'épouse du controversé auteur du code de vie d'Hérouxville, André Drouin: code qui prévenait les immigrants intéressés à s'installer dans cette petite localité de la Mauricie, que l'excision, la lapidation et le port de la burqa étaient interdits à Hérouxville.

Cette visite avait lieu alors que le Congrès islamique canadien ainsi que d'autres associations musulmanes avaient annoncé leur intention de déposer une plainte contre Hérouxville pour violation de la Charte canadienne des droits et libertés.

La visite des femmes musulmanes s'était bien déroulée et des cadeaux avaient été échangés.

Soulignons enfin qu'en mai dernier, André Drouin avait confié lors de sa participation au documentaire Liberté, égalité, accommodements de Stefan Nitoslawski, qu'il avait conçu son code de vie d'abord comme un document provocant... et qu'il avait ri aux larmes en l'écrivant.

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