Le moins que l'on puisse dire est que l'annonce de Jean-Martin Aussant n'avait rien de flamboyant. C'est seul, la mine très sérieuse qu'il s'est d'abord présenté au micro pour faire le point sur les dossiers de la rentrée parlementaire (demande d'enquête publique sur la construction, collusion et financement des partis, dossier des ressources naturelles) et les principaux dossiers de son comté (gaz de schiste, le Livre vert sur l'agriculture, l'élargissement de la route 55 et la pétition qu'il déposera à ce sujet).
C'est seulement après quelques longues minutes qu'il a confirmé qu'à l'issue de sa réflexion estivale, il en était venu à la conclusion qu'il fallait mettre sur pied une nouvelle formation politique qui mette davantage de l'avant les bienfaits de l'indépendance pour le Québec.
M. Aussant n'était accompagné d'aucun supporter, n'a avancé aucun nom, se contentant de dire que les personnes qui le soutiennent se feront connaître dans les prochaines semaines. Il a toutefois immédiatement averti les médias qu'il ne fallait pas s'attendre à de gros noms, (genre ex-premier ministre) tout en laissant entendre que les autres députés péquistes démissionnaires ne semblaient pas avoir fermé la porte à une adhésion future à sa nouvelle formation. Il a aussi précisé qu'il n'avait rencontré aucun député du Parti québécois, sinon par hasard.
Un parti souverainiste
M. Aussant a répété qu'il n'était pas question que les Québécois n'aient d'autres options lors de la prochaine élection que de voter pour trois partis fédéralistes et deux partis souverainistes hésitants.
À ceux qui l'accusent de diviser le vote souverainiste, il réplique qu'au contraire, il ralliera le véritable vote souverainiste. «Il faut un parti souverainiste avec une option claire et en ce moment, il n'existe pas ce parti-là.»
Il a concédé que l'aventure était un peu folle et qu'une tâche gigantesque, titanesque, l'attendait lui et son équipe (de 20 à 30 personnes environ) mais il estime que René Lévesque a dû sûrement lui aussi affronter le même scepticisme au moment de quitter le Parti libéral pour fonder le Parti québécois. «Je ne puis pas assurer que ce sera un succès national automatique, mais la motivation est là et le besoin aussi. Il faut que ce parti voit le jour au plus vite.»
Conscient qu'il deviendra maintenant une cible, le député indépendant a déclaré qu'il espérait que les formations politiques mettent de l'avant ce qu'elles ont à offrir plutôt que de simplement l'attaquer sur une base purement électoraliste, par peur de perdre des votes.
À plusieurs reprises, M. Aus-sant a fait référence aux «parlementaires anglo-saxons» qui vivent ailleurs qu'au Québec, n'en connaissant pas les valeurs et qui ont imposé leurs lois et les traités signés avec d'autres nations. Il a répété qu'il était temps pour les Québécois «de s'occuper eux-mêmes de leur affaires.»
Le jour où elle prendra le pouvoir, l'Option nationale entend rapatrier tout ce qui doit l'être et ensuite, par voie de référendum, consulter les Québécois sur la forme de gouvernance qu'ils préfèrent.
«Ce sera aux Québécois de choisir en bout de ligne ce qui leur semble être le meilleur plan pour leur développement», a-t-il confié avant de lancer un appel à tous les militants qui ont envie de donner du temps et de l'énergie pour l'avancement du Québec.
Et du temps, le nouveau parti en aura besoin, car il n'a pas encore réuni les 100 signatures nécessaires à sa création, a avoué M. Aussant, sans compter tout ce qui reste à faire pour devenir un parti digne de ce nom: membership, programme et financement, pour ne nommer que cela.