Le Havre déborde

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Complètement débordé depuis le début de l'été, le Centre Le Havre utilise même des tentes dans sa cour afin de pouvoir accueillir davantage de résidents.

Photo: Krystine Buisson

(Trois-Rivières) En raison d'une trop forte demande, le Centre Le Havre est complètement débordé depuis le début de l'été, si bien que plusieurs personnes se cognent le nez sur la porte et ne peuvent profiter des services offerts par l'organisme.

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Le directeur général du Havre, Michel Simard.

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Certains, plus «chanceux», parviennent à se trouver une place dans des tentes, installées temporairement dans la cour arrière de l'établissement. À l'approche de la saison hivernale, le directeur général de l'établissement, Michel Simard, s'inquiète du sort qui attend ces personnes dans le besoin si la situation ne s'améliore pas considérablement au cours des prochaines semaines.

«On est complètement saturés avec un taux d'occupation moyen de 133 %», lance-t-il d'abord, dans ce cri d'alarme.

«On a refusé 88 personnes au mois d'août. On a eu 170 demandes d'hébergement au cours de cette période. On était capable de répondre à la demande, d'une manière très serrée, lorsqu'on avait une moyenne d'environ 100 demandes par mois. On était vraiment sur la ligne, mais là, on a franchi la ligne et on n'est plus capables de répondre à la demande», ajoute M. Simard.

Pour réussir à accomoder le plus de personnes possible, la direction de l'établissement a même installé cinq lits de débordement à l'intérieur de l'édifice en plus de créer un minisite de camping dans la cour arrière.

Malgré ces mesures alternatives, le Centre Le Havre continue de refuser des gens, faute de place. Les températures estivales étant derrière nous, Michel Simard craint maintenant le pire. «C'est la première fois en 20 ans que je m'inquiète pour l'hiver. Quand il va faire moins 20 dehors, ça ne marchera pas avec les tentes. Ça prend une capacité d'hébergement pour ces personnes pour leur assurer une protection durant la nuit pour les grands froids. Les gens que je refuse ne sont pas tous en forme. Ce sont des gens qui sont malades, qui sont délirants. Je ne peux pas les laisser dehors sans qu'il y ait du danger», s'exclame le directeur général de l'organisme, qui est toutefois incapable d'identifier la principale raison de cette forte hausse de demandes.

«C'est assez compliqué à savoir. Il y a la croissance du nombre de femmes, depuis 2000. Avant ça, on n'avait pas de demandes d'elles. C'est un volume qui demeure important maintenant», note-t-il.

Solutions recherchées

Devant cette problématique, le Centre Le Havre a déjà amorcé ses démarches pour trouver une solution rapide et efficace. M. Simard espère, entre autres, arriver à trouver une autre bâtisse qui pourrait accueillir, temporairement, ceux qui n'ont pas de place dans l'édifice de la rue Brébeuf, à Trois-Rivières.

«Il y a un processus en cours. On a d'abord contacté le CSSS. Eux, ils vont interpeller les autres responsables, dont la Municipalité, l'agence de santé, la police de Trois-Rivières et les autres services d'hébergement pour qu'on réfléchisse ensemble à une stratégie d'urgence pour cet hiver. Il faut se grouiller, car quand on va arriver en novembre, le pendule va être arrivé à minuit moins cinq, avec des températures en-dessous de zéro», soutient-il.

Stratégie à long terme

Dès l'autome prochain, le Centre Le Havre pourrait voir la lumière au bout du tunnel avec la création d'un nouveau centre d'hébergement. Cependant, il reste encore bien des détails à fignoler avant la première pelletée de terre.

«On veut créer des hébergements de stabilisation qui sont beaucoup plus durables que l'hébergement d'urgence. Mais on ne va pas créer ça demain matin. Si tout se passe bien, on serait capable d'ouvrir à l'automne. Ça nous permettrait de nous dégager d'un certain nombre de gens qui ont vraiment besoin d'être stabilisés et faire des séjours plus longs. Pour l'instant, je ne les ai pas ces places pour l'hiver et c'est ça qui m'inquiète», lance le directeur général.

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