Aussant et Curzi songeraient à succéder à Marois

Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant... (La Presse)

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Pierre Curzi et Jean-Martin Aussant

La Presse

Marie-Pier Duplessis et La Presse
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Les députés démissionnaires du Parti québécois Jean-Martin Aussant et Pierre Curzi songeraient à revenir au bercail et même à s'engager dans une course à la direction du parti si jamais Pauline Marois quittait son poste.

«C'est un gros ''si'', fait valoir M. Aussant. Je n'ai pas tellement l'impression qu'elle [Pauline Marois] va partir, mais s'il y avait une course à la chefferie au PQ, j'y penserais certainement. Je ne vous dis pas que c'est un ''oui'' clair parce que ça implique bien des choses, mais j'y réfléchirais», a-t-il affirmé en entrevue téléphonique au Nouvelliste.

Par la même occasion, le député indépendant de Nicolet-Yamaska pourrait mettre de côté son projet de nouveau parti. «Si le Parti québécois redevenait le parti souverainiste qu'il doit être, c'est sûr que c'est plus efficace d'être dans un seul et même parti que d'en créer un autre à côté, a-t-il indiqué. Mais [encore une fois] c'est un gros ''si''.»

Pour le moment, Aussant considère encore que l'apparition d'un nouveau parti aux visées clairement souverainistes est toujours nécessaire, puisqu'aucun parti ne répond à cette vision. Selon lui, 40 % de la population veut la souveraineté et ne dispose d'aucun parti pour aller précisément dans cette direction.

Contrairement à Pierre Curzi, le député de Nicolet-Yamaska a fait savoir que ce n'est pas les propositions de Bernard Drainville qui pourraient le faire revenir au sein du Parti québécois. À son avis, il est beaucoup plus prioritaire de «s'équiper de leaders inspirants» que de penser à réformer le système politique.

Curzi lorgne la direction du PQ

Questionné hier matin pour savoir s'il pourrait revenir dans le giron péquiste si Pauline Marois met en oeuvre le rapport Drainville, M. Curzi avait répondu par l'affirmative. «Ça pourrait rétablir des ponts», confirmait-il à Cyberpresse.

«J'ai quitté le parti, et il faudrait qu'il y ait des changements majeurs pour que je puisse envisager de revenir», a ajouté le député de Borduas, précisant que le rapport Drainville contient ces «changements majeurs».

Puis, en entrevue au 98,5, M. Curzi a posé d'autres conditions à un éventuel retour. «Il faudrait que Pauline Marois quitte. Sans ça, je ne vois pas pourquoi ou comment j'y retournerais», a-t-il déclaré. Il a ajouté qu' «il faudrait une profonde transformation du Parti québécois».

Il manifeste ouvertement son intérêt pour la direction du PQ. «Je serais prêt à poser ma candidature s'il y avait d'abord une course à la chefferie, ensuite une profonde transformation qui va un peu dans le sens qui est proposé, et troisièmement si j'avais un peu la certitude que la culture du parti va permettre que tout cela arrive, qu'il y ait un vrai renouvellement. Si toutes ces conditions-là étaient là, certainement que je poserais ma candidature.»

Parmi les 10 changements proposés par Bernard Drainville jeudi, deux plaisent en particulier à Pierre Curzi: la réforme du mode de scrutin et le référendum d'initiative populaire. Cette dernière proposition prévoit de laisser à la population le soin de déterminer elle-même le moment où un référendum sur la souveraineté doit avoir lieu. Un référendum se tiendrait si 15 % des électeurs (876 000 personnes) signaient une pétition à cet effet. «C'est une manière de redonner aux citoyens le pouvoir de décider du moment où ils veulent se requestionner sur la question du statut constitutionnel», a affirmé M. Curzi.

Or, en proposant le référendum d'initiative populaire, Bernard Drainville prend le contrepied de la stratégie référendaire de Pauline Marois, adoptée par les membres au congrès d'avril. Cette stratégie prévoit qu'un référendum aura lieu «au moment jugé approprié par le gouvernement». Mais le président du PQ, Raymond Archambault estime que «ce n'est pas parce que le programme a été adopté en avril qu'il ne peut plus évoluer».

Louise Beaudoin emballée

De son côté, Louise Beaudoin, qui a également claqué la porte du PQ en juin, est emballée par le rapport Drainville. «Si le Parti québécois met ça en application pour changer la politique et faire la politique autrement, tout ce que je me tue à dire depuis deux mois, bien sûr que je vais envisager un retour», a-t-elle confié à Cyberpresse.

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