Jean-Martin Aussant quitte le PQ

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Jean-Martin Aussant

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Le député de Nicolet-Yamaska Jean-Martin Aussant claque à son tour la porte du Parti québécois. À l'instar de ses collègues Pierre Curzi, Louise Beaudoin et Lisette Lapointe, M. Aussant quitte sa formation politique afin de siéger comme indépendant... suggérant même au passage qu'il serait temps que Pauline Marois démissionne.

En point de presse hier matin, M. Aussant a fait part de sa décision, non sans difficulté et sans émotion. À deux reprises, le député de Nicolet-Yamaska a dû s'arrêter afin de contrôler les sanglots perceptibles dans sa voix.

M. Aussant explique sa décision par de sérieux doutes qu'il entretient désormais sur la façon de faire au sein de son parti afin de mener le Québec à la souveraineté. Pour lui, le Parti québécois démontre plus que jamais qu'il fait la même politique que tous les vieux partis qu'il dénonce pourtant.

«Faire de la politique autrement, ça veut dire toujours parler vrai et ne jamais faire passer l'intérêt personnel ou partisan avant l'intérêt national. Après bientôt trois ans d'efforts en ce sens, je dois malheureusement me rendre à l'évidence qu'il est difficile d'y arriver quand les personnes qui sont aux commandes, tous partis confondus, ne partagent pas cette vision des choses», signale-t-il.

M. Aussant se défend bien d'avoir décidé de claquer la porte en raison du projet de loi 204, auquel il était pourtant farouchement opposé, mais signale qu'il s'agissait d'une autre démonstration des façons de faire de la direction du parti et de son entourage.

C'est plutôt le projet global de la souveraineté que le député de Nicolet-Yamaska a préféré mettre de l'avant, ce qui l'a même poussé à réclamer la démission de Pauline Marois.

«Mon style n'est pas très langue de boisien. Oui, je pense que Mme Marois devrait penser à la cause souverainiste d'abord. (...) Je ne pense pas que Mme Marois puisse convaincre les fédéralistes de joindre l'option du Oui dans un référendum. (...) Il faut se demander si les gens veulent suivre le chef actuel, et aussi cruel que ça puisse sembler, je ne pense pas que Mme Marois soit la chef que les gens veulent suivre pour faire un pays», déclare-t-il.

En ce sens, M. Aussant a décoché une flèche à l'endroit de sa chef. «Elle est clairement une personne exceptionnelle, mais la liste des libérateurs de peuples est malheureusement beaucoup plus courte que la liste des personnes exceptionnelles. (...) Il n'y a pas de mauvais timing pour parler de souveraineté, il n'y a que de mauvais messagers», ajoute-t-il.

Aussant l'indépendant

On se doute que la journée a été très longue hier, pour le député de la région. Ce dernier a toutefois voulu s'adresser à ses électeurs et ses concitoyens par le biais des médias. Il compte d'ailleurs revenir dans le comté vers la fin de la semaine.

«Je veux rassurer les citoyens des trente municipalités de mon comté. Pour eux ça ne changera absolument rien. Je vais continuer mon travail, occuper le même bureau, porter les dossiers à Québec auprès des ministres avec qui j'ai toujours une bonne relation. Seulement, je ne serai plus étiqueté aux couleurs du Parti québécois», a-t-il confié au Nouvelliste, en entrevue téléphonique.

M. Aussant ne cachait pas son émotion lors de l'entrevue, et se désole de savoir qu'il ait pu faire de la peine à des collègues ou des gens de son entourage politique qu'il estime au plus haut point.

«Je reçois des messages, des courriels, des SMS depuis ce matin. Je sens de la tristesse, de l'incompréhension, de la colère. Mais je reçois aussi des encouragements. C'est très partagé et je ne crois pas que l'on puisse réagir rationnellement aujourd'hui, c'est trop émotif. Je veux juste qu'ils sachent que ce n'est pas contre eux», lance-t-il.

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