École de police: Québec coupe 3,6 millions$

L'École nationale de police du Québec à Nicolet... (Photo: François Gervais)

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L'École nationale de police du Québec à Nicolet va devoir faire face à d'importantes coupes dans son budget à compter de la nouvelle année financière du gouvernement du Québec qui s'amorcera le 1er avril 2011. Ces coupes risquent d'avoir un impact important au sein de l'établissement, notamment.

Photo: François Gervais

Marcel Aubry
Le Nouvelliste

(Nicolet) Le gouvernement du Québec entend retrancher 3,6 millions $ de la subvention de 6 579 000 $ qu'il accorde annuellement à l'École nationale de police du Québec (ENPQ) pour le paiement de son loyer. Des coupes qui, selon toute évidence, vont faire très mal.

Cette commande gouvernementale, reçue par l'École il y a quelques semaines, représente une coupe de 55% de la subvention reçue de Québec pour le paiement d'une partie du loyer, et de 11,5% du chiffre d'affaires de l'École dont les charges atteignaient 31 890 828 $ lors de l'exercice financier terminé le 30 juin 2010.

«Je confirme qu'on a eu une annonce nous faisant part que le gouvernement du Québec nous demanderait un effort supplémentaire à hauteur de 3,6 millions $ par année», a répondu, hier, Pierre Saint-Antoine, directeur du Bureau des affaires institutionnelles et des communications à l'ENPQ, lorsque joint à ce sujet par Le Nouvelliste.

M. Saint-Antoine n'a pas caché qu'une coupe aussi importante dans le budget de l'École va avoir «un impact extrêmement important» au sein de l'institution, d'autant plus que le gouvernement du Québec entend l'appliquer dès son prochain exercice financier qui commencera le 1er avril 2011.

Cette coupe fera d'autant plus mal, selon M. Saint-Antoine, qu'en vertu de la Loi 100 sur les compressions budgétaires gouvernementales, l'École est déjà tenue de retrancher de son budget 830 000$ de 2010 à 2014, dans le but d'aider le gouvernement du Québec à atteindre son objectif de retour à l'équilibre des finances publiques en 2014.

Cette première coupe budgétaire a touché des éléments de masse salariale mais s'est appliquée aussi au niveau de la diminution des frais de déplacement, des dépenses de formation et de certains autres éléments administratifs.

Invité à dire quelles sont les options qui se présentent à la direction, M. Saint-Antoine a mentionné que dans un premier temps, la direction voulait essayer de comprendre d'où origine cette coupe de 3,6 millions $ imposée par le gouvernement.

À cette fin, les membres de la direction de l'École entendent donc faire des démarches et rencontrer des instances gouvernementales dans les prochains jours tant au ministère de la Sécurité publique qu'au Conseil du Trésor.

«La coupe de 830 000 $, c'était déjà difficile au plan administratif d'aller aussi loin que ça entre 2010 et 2014 mais on avait réussi, par une gestion efficace et efficiente, à faire ces compressions. Mais là, les 3,6 millions $, il est très, très clair que ça peut avoir des impacts importants sur le plan de la mission et de nos mandats à l'ENPQ», a indiqué le porte-parole de l'établissement.

M. Saint-Antoine n'était pas en mesure de dire, hier, si cette nouvelle coupe budgétaire allait se traduire par des coupes dans le personnel. Il a expliqué qu'avant de prendre des décisions, l'École va évaluer l'ensemble des leviers qui sont à sa portée.

«La diminution des dépenses est un des leviers, a-t-il dit. L'augmentation des revenus en est un autre.»

M. Saint-Antoine précise toutefois que même si l'École en est une ouverte au sens large sur le plan de la sécurité publique et même si elle accueille de nouvelles clientèles depuis quelques années, ces nouvelles clientèles ne pouvaient pas non plus être une nouvelle panacée susceptible de répondre à l'ensemble de ses besoins de financement comme institution publique.

Selon lui, les stratégies budgétaires de l'École ont toujours été faites à partir du fait que le loyer était partiellement financé par le gouvernement du Québec.

«Quand on nous annonce que 55% de ce financement tombe du jour au lendemain, c'est évident que ça peut avoir un impact important sur le plan de la mission de la formation policière», a-t-il signifié.

Le personnel de l'établissement a été informé de la situation lors d'une rencontre qui a eu lieu le 4 février dernier. Lorsqu'elle aura eu des réponses à ses questions, la directrice, Marie Gagnon, en poste depuis le 1er septembre 2010, et son équipe, entendent bien analyser la situation et préparer ensuite un plan d'action pour y faire face.

Ce n'est que par la suite qu'on pourra connaître les impacts réels de cette nouvelle coupe.

Au ministère de la Sécurité publique, Mario Vaillancourt, responsable des relations avec les médias, a indiqué que «cette décision-là s'inscrit dans la poursuite des objectifs gouvernementaux en matière de contrôle des dépenses». Il a ajouté qu'il n'y aurait pas d'autres commentaires qui seraient faits à ce sujet.

Le député Aussant

Le député Jean-Martin Aussant a dit, hier, ne pas être au courant de cette nouvelle coupe à l'ENPQ. Il entend s'enquérir de la situation dès aujourd'hui auprès du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, qui est aussi membre du Conseil du Trésor.

Peu de commentaires

Au ministère de la Sécurité publique, Mario Vaillancourt, responsable des relations avec les médias, a indiqué que «cette décision-là s'inscrit dans la poursuite des objectifs gouvernementaux en matière de contrôle des dépenses». Il a ajouté qu'il n'y aurait pas d'autres commentaires qui seraient faits à ce sujet.

Le député Aussant

Le député Jean-Martin Aussant a dit, hier, ne pas être au courant de cette nouvelle coupe à l'ENPQ. Il entend s'enquérir de la situation dès aujourd'hui auprès du ministre de la Sécurité publique, Robert Dutil, qui est aussi membre du Conseil du Trésor.

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