«On ne peut pas plaire à tout le monde, il faut mener à terme les projets qu'on a priorisés et les huit conseillers qui ont voté pour l'amphithéâtre sont courageux et positifs, élus pour décider, et je les félicite pour s'être tenus debout», a-t-il confié au Nouvelliste.
Même s'il ne veut pas émettre de commentaires sur l'enveloppe piégée qu'il a reçue à son domicile, le maire a tout de même évoqué le dépôt d'une plainte officielle à la Sécurité publique de Trois-Rivières. Ce qui fut confirmé en fin de journée par les autorités policières.
D'ailleurs, la pièce à conviction, soit une lame de rasoir, aurait été remise au service de police sans que le maire n'ait à se déplacer aux quartiers généraux du boulevard des Forges.
Quant au second plaignant, soit le directeur général de la ville, Michel Byette, qui a fait l'objet d'une menace identique à sa résidence, il a préféré n'émettre aucun commentaire à la sortie d'une réunion de travail, hier matin, avec le premier magistrat concernant Trois-Rivières sur Saint-Laurent.
«C'est un outil extraordinaire de développement qu'on a acquis gratuitement, pour lequel on a reçu 50 millions de dollars en subventions et dont les propriétés privées génèreront dix fois plus de taxes», a-t-il tenu à répéter.
Ne voulant pas revenir sur l'histoire des portes ouvertes à 18 h lundi soir dernier, il n'a pu s'empêcher de souligner qu'en 2009, elles avaient été ouvertes à cette heure-là à 11 reprises, pour des questions d'urbanisme, et huit fois, toute la journée, pour des réunions spéciales.
«Et quand les gens sont favorables aux projets, on les appelle les amis du maire», fait-il remarquer.
Or, celui-ci était heureux de prendre connaissance du résultat positif du vox pop publié dans le quotidien régional à la suite de la présentation publique du dossier de l'amphithéâtre.
«Et lors des portes ouvertes à Trois-Rivières sur Saint-Laurent, les gens avaient été emballés», se plaît-il à rappeler.
Selon lui, tout le monde est capable de gérer le quotidien dans une ville alors qu'il faut être visionnaire.
«Les entrepreneurs qui réussissent sont passionnés, positifs, innovateurs, ouverts au changement et prennent des risques», explique M. Lévesque.
«Et je n'ai pas de problème à me faire faire la leçon par les gens qui ont «performé»», renchérit-il, ce qui n'est pas le cas, à son avis, des Françoise Viens, André Noël et Alain Croteau.
En ce qui concerne l'ancien maire de Cap-de-la-Madeleine et ancien rival à la mairie trifluvienne, Yves Lévesque pose la question suivante: «y a-t-il quelqu'un qui pense que M. Croteau veut que ça marche et veut travailler en étroite collaboration, main dans la main, avec le maire de Trois-Rivières? Il ne faut pas être dupe», lance-t-il.
Celui-ci croit que la population est capable de faire la part des choses par rapport aux derniers événements.
«Il y a beaucoup de manchettes qui sont accordées aux gens qui contestent, mais c'est un petit groupe de gens», avance M. Lévesque, reprochant au groupe des 7 de «chercher des bibittes, semer des doutes, discréditer la fonction publique et nuire à la réputation de la ville».
Une ville, soulignera-t-il, dont les indicateurs sont positifs, avec un ratio de la dette plus bas qu'auparavant malgré tous les investissements dans les infrastructures municipales, économiques, sportives et culturelles.
«En un déjeuner, le groupe des 7 est prêt à accepter un projet où la Ville endosse 57 millions de dollars, avec un centre de foires plus ou moins rentable, alors qu'ils disent manquer d'information pour un projet d'amphithéâtre priorisé par l'ancien conseil de ville en 2002, au coût de 41 millions dollars, dont 26 millions sont subventionnés», soulève le maire.
Du même souffle, il trouve désolant que ces conseillers «soient payés avec nos taxes» alors qu'ils ont comme discours le verre à moitié vide et non à moitié plein.
«Ils sont mal intentionnés, ils moussent la controverse et si les 16 étaient pessimistes comme ces huit-là, ce serait épouvantable. Trois-Rivières a changé depuis la fusion, qui est citée en modèle, et on va le réaliser ce projet-là», assure-t-il.
Finalement, Yves Lévesque prétend ne pas prendre ses décisions dans le but de se faire réélire. «Un bon leader sait s'entourer des meilleurs et les gens de la fonction publique veulent performer. Ma cause, c'est d'être fier d'avoir fait une différence, j'ai toujours été cohérent dans mon discours et je vais sortir de la politique comme j'y suis rentré, la tête haute», a-t-il conclu.
Deux plaintes ont été formellement déposées
La Sécurité publique de Trois-Rivières a indiqué que deux plaintes ont été formellement déposées en ce qui concerne des enveloppes contenant des lames de rasoir qui ont été envoyées aux domiciles de deux dirigeants de la Ville de Trois-Rivières.
Le porte-parole de la SPTR, l'agent Michel Letarte, n'a pas confirmé ni démenti que les plaignants étaient le maire Yves Lévesque ainsi que le directeur général Michel Byette.
«Nous avons un enquêteur qui est attitré à ces dossiers. Nous allons vérifier le fondement de tout ça et valider les informations qui nous ont été fournies», a-t-il mentionné.
De plus, il n'a pas été possible de savoir si les rumeurs à l'effet que d'autres élus trifluviens avaient été victimes de menaces étaient fondées. Le porte-parole de la SPTR a cependant affirmé que seulement deux plaintes étaient présentement étudiées par les enquêteurs.