Profession: démineur et soldat

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Mathieu Pilon... (Photo: Sylvain Mayer)

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Mathieu Pilon

Photo: Sylvain Mayer

Paule Vermot-Desroches

Paule Vermot-Desroches
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) La mission canadienne en Afghanistan, la preuve n'est plus à faire, est une mission périlleuse pour laquelle les soldats canadiens mettent à chaque jour leur vie en danger. Mathieu Pilon en sait quelque chose. Le jeune Trifluvien de 23 ans s'est employé à déminer les routes de l'Afghanistan pendant près de six mois. Une tâche pour laquelle il a récemment reçu une mention d'honneur à Québec.

Lors de son séjour en Afghanistan, de août 2007 à février 2008, le soldat Pilon a eu à travailler avec la «section de la capacité d'ouverture d'itinéraire de circonstance». En français: il était spécialisé dans le repérage des mines et le déminage des routes.

 

Avec sa section de dix militaires, le soldat trifluvien a passé un mois et demi en entraînement, et quatre mois à déminer des routes à bord de véhicules spécialisés pour ce travail, tant au niveau de la détection que de l'enlèvement des engins explosifs. En l'espace de quatre mois, sa section a pu détecter 31 mines. De ce nombre, 22 l'ont été grâce aux instruments fournis par l'armée.

«Les neuf autres mines, nous avons sauté dessus», résume avec le plus grand calme Mathieu Pilon. Certains de ses coéquipiers ont été blessés dans l'aventure, dont un ayant même subi une fracture du crâne, dont il se remet bien aujourd'hui. «Au début, j'étais stressé et je trouvais ça très dur. Mais avec le temps, on finit par s'y faire, on développe des trucs, on comprend mieux le terrain et les façons de faire», poursuit le soldat.

C'est d'ailleurs pour son attitude lors de ce travail qu'il a reçu, à la fin du mois de juin, une mention élogieuse du commandant de la base militaire de Valcartier. Sur le certificat, on peut y lire: «Même après les blessures graves de sept de ses collègues, il a continué de faire preuve d'un dévouement et d'une détermination exemplaires. (...) Son courage et son professionnalisme ont permis de réduire les pertes pendant les opérations». Seulement quatre soldats de la base militaire ont reçu ce genre de mention lors de cette cérémonie.

Pour Mathieu Pilon, il s'agit évidemment d'une belle tape dans le dos. «Quand j'étais là-bas, tout ce que je me disais, c'est que j'avais une job à faire et que c'était important parce que sans mon travail, on aurait eu pas mal plus de blessés ou même de morts. On ne le fait pas pour recevoir des prix, mais ça fait toujours du bien de se faire féliciter», confie Mathieu Pilon.

Le séjour en Afghanistan a tout de même laissé ses traces, alors que Mathieu a perdu son grand ami Étienne Gonthier, en janvier 2008. Les deux camarades avaient fait leur cours de recrue ensemble et étaient toujours à veiller l'un sur l'autre en Afghanistan.

À son retour au Canada, Mathieu avoue qu'il a eu besoin d'une certaine période d'adaptation.

«Je ne voulais pas conduire. Là-bas, il n'y a pas vraiment de route et nous avons priorité partout alors on perd un peu l'habitude de conduire selon des règles. Aussi, je craignais de passer sur un nid de poule, car en Afghanistan, un nid de poule, ça veut dire que tu sautes. Mais c'est vite rentré dans l'ordre», se souvient le jeune trifluvien.

Pour lui, l'entraînement reprendra sous peu à Québec, en vue d'une prochaine mission qui l'emmènera de nouveau en Afghanistan en octobre 2010. «Le travail avance bien là-bas et on voit la différence. Dans les villes, on voit les femmes qui travaillent maintenant, qui vont à l'école. C'est un gros changement pour le peuple là-bas. J'ai hâte d'y retourner et de continuer le travail», confie le soldat.

 

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