Du yoga à des enfants du primaire

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Isabelle Légaré
Le Nouvelliste

(Hérouxville) La quinzaine d'élèves de 5e et 6e de l'école primaire Plein Soleil, à Hérouxville, fréquentent un établissement au nom prédestiné. Du bout des orteils, le corps droit et les bras étirés au maximum, bien au dessus de la tête, ils fixent le regard, inspirent et «touchent» le ciel, comme leur demande de sa voix douce et chaleureuse Sylvie Galarneau, enseignante de yoga. Les jeunes sont étonnamment calmes, rien à voir avec l'agitation qu'ils manifestaient, quelques minutes plus tôt, dans la cour de récréation.

La scène se déroule dans le gymnase. Une fois par semaine pendant dix semaines, la soixantaine de filles et garçons de la maternelle à la 6e année de l'école Plein Soleil s'y présentent, en pieds de bas, pour leur séance de yoga. Au programme: améliorer leur santé et optimiser leur potentiel intellectuel, et ce, en augmentant leur bien-être corporel, psychologique, affectif et intérieur.

 

Éducatrice spécialisée à l'emploi de la Commission scolaire de l'Énergie, Mme Galarneau enseigne le yoga à temps partiel. Le projet «Le yoga au primaire: une pause santé» en est à sa deuxième année d'existence. Outre Plein Soleil, deux autres écoles primaires, à Saint-Adelphe et à Shawinigan-Sud, intègrent des cours de yoga à l'intérieur de leur plage horaire. Les effets sont bénéfiques, même pour ceux et celles qui, au départ, ont exprimé scepticisme et malaise devant ces différentes postures, parfois complexes, à adopter sans jamais, idéalement du moins, perdre l'équilibre.

«Je leur fais prendre conscience de leur corps, de leur respiration et de la possibilité qu'ils ont de faire un temps d'arrêt», explique Mme Galarneau qui confirme l'idée voulant que les enfants sont très souvent bousculés par d'innombrables stimulis, en plus d'être quotidiennement confrontés au rythme de vie effréné et au stress de performance imposés par la société actuelle. «Le yoga leur permet de faire le lien avec les émotions qu'ils vivent. Ils peuvent se libérer aussi d'un surplus d'énergie. C'est très concret», ajoute Mme Galarneau dont l'approche se veut aussi apaisante que dynamique.

Un sondage maison réalisé au terme de la première année d'existence du projet lui permet d'affirmer qu'une majorité des participants, soit près de sept élèves sur dix, apprécient les cours de yoga à l'école. Les élèves ont précisé que ces exercices leur permettent de se calmer, de se concentrer, de se sentir mieux, de s'endormir même.

Mme Galarneau propose aussi aux enfants des petits trucs de tous les jours, des exercices simples à exécuter, notamment avec les mains. L'enseignante parle de véritables outils que des jeunes peuvent mettre en pratique lorsqu'ils se sentent envahis par la colère, la frustration ou d'autres émotions négatives.

«Plus on est initié jeune, plus le yoga devient une hygiène de vie naturelle», soutient Mme Galarneau qui peut compter sur l'enthousiasme de Linda Trudel, une ensei- gnante qui participe avec ses élèves aux cours de yoga à l'école. Pour cette dernière, il ne fait aucun doute que les exercices proposés par Mme Galarneau permettent à des enfants de se centrer sur leur corps et leur respiration, de demeurer, pour parler en langage yoga, «dans leur espace».

«Je me souviens qu'au premier cours, nous avions au moins cinq élèves que j'appelle pop-corn, des jeunes qui bougeaient tout le temps. Mais on s'était entendu, Sylvie et moi, pour que je n'intervienne pas. Au deuxième cours, il y avait peut-être deux élèves qui avaient encore la bougeotte mais depuis la troisième séance, c'est aussi calme que ça», assure Mme Trudel en montrant les élèves de sa classe qui, dans un gymnase où la musique de relaxation remplace les cris d'encouragement, mettent tous leurs efforts pour arriver à s'enraciner et à s'apaiser.

 

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