Ces derniers, ainsi que plusieurs autres de leurs concitoyens ont pu se faire entendre sur cet épineux dossier lors d'une séance d'information qui a eu lieu hier à la salle municipale de l'endroit. Ils étaient environ 300 à s'être entassés dans cette salle pour poser des questions aux membres du conseil municipal ainsi qu'aux promoteurs derrière ce projet.
Bien que la grande majorité des citoyens qui ont pris la parole ne se sont pas prononcé contre à 100 %, ils s'entendent cependant presque tous pour dire que le déplacement de la route plus haut dans la montagne ne doit pas se faire à n'importe quel prix. Plusieurs d'entre eux tiennent entre autres mordicus à ce que les gens de Lac-aux-Sables puissent continuer à avoir accès au chemin actuel afin de pouvoir profiter des beautés du lac. Ils réagissent également aux deux demandes de subvention faites aux ministères des Transports et du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs par le conseil municipal afin d'obtenir des fonds pour défrayer une partie des coûts engendrés par la poursuite des travaux déjà entrepris par les promoteurs.
«Nous sommes d'accord avec le chemin en haut, mais nous voulons garder l'accès en bas. Tant mieux si on passe en haut, ça va être mieux pour la circulation», a mentionné Serge Marcotte, un des citoyens réticents au projet dans sa forme actuelle.
Selon les plans de la municipalité, les 900 000 $ nécessaires pourraient être payés par les subventions obtenues, par un emprunt qui sera remboursé par une taxe de secteur ainsi que par les promoteurs.
Les propriétaires des terres sur lesquelles passe la controversée route, avec Denis Sirois en tête, aimeraient de leur côté récupérer l'ancienne route en échange des terrains où sera aménagé le nouveau chemin. Selon M. Sirois, la configuration de la route actuelle fait en sorte qu'ils ne peuvent pas profiter de leur propriété comme ils l'entendent car cette dernière n'est pas sécuritaire. De plus, ils mentionnent que la nouvelle route, dont la construction est d'ailleurs déjà en chantier, réglera des problèmes environnementaux. Mais pour ce qui est de la possibilité qu'une piste cyclable ou un sentier réservé à la randonnée pédestre remplace le chemin, M. Sirois et les autres propriétaires ne veulent rien entendre.
«Nous voulons avoir la paix. On n'enverra pas le chemin en haut pour garder celui en bas», a lancé M. Sirois.
Quelques citoyens croient également que M. Sirois et les autres propriétaires veulent ce chemin pour développer la montagne, ce que réfutent catégoriquement les promoteurs.
De l'ouverture
À la lumière des propos tenus par M. Sirois lors de la rencontre, M. Marcotte est conscient qu'il est encore loin le jour où les propriétaires des terrains accepteront de faire des compromis. Néanmoins, il est encouragé par le fait que certains membres du conseil municipal ont fait preuve d'une certaine ouverture.
«Ils ne nous prenaient pas au sérieux avec notre pétition. Mais là aujourd'hui, il y avait beaucoup de monde. Ils ont pu constater les désirs de la population», a mentionné M. Marcotte.
Trop peu trop tard ?
Bien qu'ils voient d'un bon oeil que le conseil municipal et les promoteurs aient organisé la séance d'information qui a eu lieu hier, plusieurs citoyens déplorent qu'ils aient attendu longtemps avant de leur donner la chance de s'exprimer sur le controversé projet.
Le fait que les promoteurs aient déjà effectué une bonne partie des travaux et que le conseil municipal aient fait des demandes de subvention au gouvernement du Québec chicotait plusieurs personnes qui ont pris la parole lors de la séance d'information. Selon eux, il est peut-être trop tard pour revoir le projet et en arriver à un compromis qui plaira à tout le monde.
Deux des propriétaires, Denis Sirois et Rénald Savard, ont entre autres fait exécuter, de juillet 2007 à mars 2008, sur toute la longueur du chemin projeté, tous les travaux relatifs à son défrichage, à sa mise en forme, à la pose de ses ponceaux et au déplacement de 13 poteaux soutenant les lignes électriques et téléphoniques. Selon eux, ils ont terminé tous les travaux préalables au dynamitage. Ils ont investi 215 000 $ jusqu'à maintenant.
Par ailleurs, le ministère du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs a autorisé à l'automne 2007 la construction du chemin projeté selon les termes de la demande formulée par MM. Savard et Sirois.
Le certificat d'autorisation émis comprenait entre autres comme objectif de fermer définitivement le chemin Sainte-Marie et de le rendre à la nature.?