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Delastek: ouverture d'un bureau de vente en Chine

Les travailleurs syndiqués de l'usine Delastek sont maintenant... (Sylvain Mayer)

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Les travailleurs syndiqués de l'usine Delastek sont maintenant en grève depuis plus de 19 mois.

Sylvain Mayer

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Marc Rochette
Le Nouvelliste

(Shawinigan) Malgré plus de 19 mois de conflit avec sa cinquantaine de travailleurs syndiqués, le président de Delastek, Claude Lessard, poursuit son développement à l'étranger avec un nombre équivalent d'employés non syndiqués dans ses installations du secteur Grand-Mère. En effet, après avoir ouvert une usine de production aux États-Unis, l'homme d'affaires de Shawinigan annonce l'implantation d'un bureau de vente en Chine.

Officiellement, c'est dès lundi qu'un représentant sera basé à Syzhou en tant que responsable du développement des affaires auprès d'entreprises du secteur de l'aéronautique.

«La présence de Delastek en sol chinois se veut la suite logique des efforts soutenus réalisés au cours des derniers mois et témoigne également de l'intérêt des entreprises chinoises pour les produits innovants de l'entreprise de Shawinigan», soutient-il par voie de communiqué.

Selon lui, considérant la mondialisation des marchés, et après l'ouverture de son usine de production à Plattsburgh en mai 2016, Delastek se positionne sur l'échiquier des fournisseurs de classe mondiale et son modèle d'affaires performant est reconnu, dit-il, par les grands donneurs d'ordres de l'aéronautique et du transport.

«Cette implantation en Chine est la phase 2 du plan stratégique que s'est donné Delastek afin de rayonner au niveau du globe», poursuit M. Lessard.

Toujours dans son communiqué, il se plaît à dire que Delastek compte sur une équipe de passionnés misant sur l'innovation et l'atteinte de l'excellence. «Ses usines à Shawinigan au Canada ainsi qu'à Plattsburgh aux États-Unis regroupent les activités d'ingénierie, de design, de développement de produits de qualité destinés aux grands donneurs d'ordres mondiaux de l'aéronautique et du transport. Notre bureau en Chine est d'ailleurs en fonction depuis peu», fait-il savoir.

Se faisant peu loquace sur le conflit de travail déclenché le 1er avril 2015, celui-ci dit «garder cela positif». «Si on n'avance pas, on recule. Nous avons une force au Québec, c'est que nous sommes innovants et je mise sur mon équipe pour aller plus loin», a-t-il simplement commenté au Nouvelliste tout en disant avoir «bien compris que les employés ne sont pas heureux de travailler pour Delastek». «Je travaille à ce qu'ils soient heureux», renchérit-il.

Pour sa part, le représentant national d'Unifor, Luc Deschênes, reconnaît que les négociations sont au point mort. «Il n'y a pas vraiment de nouveau. Ce n'est pas parce qu'on ne travaille pas pour essayer d'amener une proposition avec le conciliateur pour se rasseoir à la table. On met des efforts pour trouver de quoi. Mais il n'y a pas de date prévue, rien n'est programmé», a-t-il confié en entrevue.

Ce qui n'empêche pas les instances syndicales de réfléchir à plusieurs scénarios. «On a fait une couple de manifestations à Montréal en visant des clients de Delastek. Le moral des troupes est bon, on a encore de l'aide de diverses sections locales, on a encore de l'argent dans les coffres. On est en business, il n'y a pas de problème», affirme M. Deschênes, visiblement peu ébranlé par le déploiement de Delastek à l'international.

En juillet dernier, le syndicat avait vu la majorité de ses plaintes être rejetées par le Tribunal administratif du travail. Dans une décision alors rendue par la juge Hélène Bédard, on apprenait que Delastek avait contrevenu aux dispositions antibriseurs de grève dans quatre cas alors que les instances syndicales avaient plutôt rapporté une quinzaine de situations problématiques. Et on y rappelait que les parties ne s'entendent pas sur la frontière entre le secteur de la production et celui de la recherche et développement, «ce qui est l'un des enjeux de la négociation de la convention collective».

En effet, pour la cinquantaine de grévistes, le noeud du problème est le fait que l'employeur profite de l'exception de la R & D pour réduire la portée du certificat d'accréditation syndicale. Dans les faits, le syndicat est convaincu qu'une partie du travail de la production est réalisée par le département de la R & D, qui compte une cinquantaine d'employés non syndiqués. «On est dehors et ils font notre job. On n'a pas de doute là-dessus», soutient toujours le représentant national Unifor.

En région, le dernier coup d'éclat syndical dans le dossier de Delastek avait eu lieu en mai 2016, en marge du Conseil québécois d'Unifor qui se tenait à Trois-Rivières. Les délégués avaient été invités à manifester autour de l'hôtel Delta en guise d'appui aux grévistes de la section locale 1209. Les marcheurs s'étaient arrêtés devant les bureaux du gouvernement provincial, sur la rue des Forges, afin de demander à Québec de couper les vivres à l'entreprise tant que la grève perdure.

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