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Nombre annuel de suicides: la région classée au troisième rang

Julie Poirier, directrice adjointe, Santé mentale de proximité... (Brigitte Trahan)

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Julie Poirier, directrice adjointe, Santé mentale de proximité pour le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec, et l'agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Brigitte Trahan

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(Trois-Rivières) La grande région Mauricie et Centre-du-Québec est la troisième au Québec la plus touchée par le suicide. Dix-huit personnes par 100 000 habitants s'enlèvent la vie par rapport au taux moyen de 13,3 pour l'ensemble du Québec. Chaque année, pour la région, cela représente une centaine de personnes, à 75 % des hommes âgés de 25 à 64 ans.

Ces statistiques ont été rendues publiques vendredi à l'occasion de la Journée des partenaires en prévention du suicide tenue vendredi par le Centre de prévention suicide Les Deux Rives, l'Accalmie, la Sécurité publique de Trois-Rivières et le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

La cueillette des données ne peut toutefois être suffisamment détaillée pour pouvoir pointer les causes exactes de cette situation.

Nombreux sont les organismes et les personnes qui veulent toutefois améliorer le triste bilan.

On comptait, lors de la rencontre, 115 partenaires oeuvrant auprès d'une clientèle à risque suicidaire de Trois-Rivières, Bécancour, Nicolet-Yamaska, Maskinongé et Vallée-de-la-Batiscan.

«C'est la première année qu'on élargit notre activité aux partenaires de la zone centre», indique Julie Poirier, directrice adjointe en Santé mentale de proximité pour le CIUSSS Mauricie et Centre-du-Québec.

Une des solutions mises en évidence, «c'est que les gens soient bien formés pour détecter le risque de suicide et qu'ils soient en mesure de le détecter au bon moment et de référer la personne au bon endroit», dit-elle. «Il y a des gens qui se suicident et qui ne sont jamais venus chercher des services avant. On n'est pas capable d'aller les chercher, ces gens-là», déplore-t-elle.

La question qu'il faut élucider, c'est pourquoi.

Mme Poirier rappelle qu'il faut sensibiliser la population aux services qui sont mis à sa disposition. Avant de commettre l'irréparable, il vaut mieux téléphoner au 1-866-APPELLE (227-3553), un service offert jour et nuit. Il est possible aussi de demander de l'aide au Centre de prévention suicide ou au CLSC. Des programmes d'aide existent aussi dans de nombreuses entreprises.

Pour l'instant, le nombre de suicides qui surviennent annuellement dans la région n'a ni baissé ni augmenté depuis 2007, indique Mme Poirier, et ce, malgré tous les efforts de concertation déployés.

Du côté des policiers, souvent les premiers à intervenir en situation de crise suicidaire, on a pourtant plus d'outils maintenant pour intervenir, indique l'agent Michel Letarte, porte-parole de la Sécurité publique de Trois-Rivières. Il existe des protocoles à cet effet depuis 2012 qui se sont améliorés depuis.

Les policiers peuvent notamment s'appuyer sur la loi p-38 si une personne est dangereuse pour elle-même ou pour autrui. «Mais l'intervention ne doit pas se limiter à l'hôpital car ce n'est qu'une mesure transitoire», fait valoir l'agent Letarte.

Dorénavant, dès qu'ils interviennent, les policiers peuvent contacter un travailleur social qui pourra discuter avec la personne suicidaire, si elle le désire. Il ne s'agit donc plus seulement d'empêcher la personne de se suicider, mais de lui assurer aussi un suivi.

«Quand on intervient, on a une limite. Le policier a une formation psychosociale, mais qui est de base, on s'entend. Son domaine, c'est l'intervention au niveau légal.» Les liens de proximité qui se sont créés entre les policiers et les travailleurs sociaux pour les situations de crise sont devenus des atouts et des outils précieux, fait valoir l'agent Letarte.

Parmi les projets visant à améliorer les statistiques du suicide dans la région, les intervenants intéressés par la question prévoient tenir une journée de prévention du suicide régionale, dans un avenir rapproché, afin de pousser plus loin la réflexion, indique Mme Poirier.

«Le clef, c'est la prévention», estime-t-elle, donc le suicide, c'est aussi «l'affaire de tous», plaide-t-elle. «On a plus de sentinelles qui sont déployées, qui sont formées par le Centre de prévention suicide Les Deux Rives. Elles sont déployées dans les entreprises et sont en mesure de détecter les collègues, les proches et de les référer.»

Mme Poirier ne le cache pas, les intentions suicidaire d'une personne sont souvent difficiles à déceler, d'où l'importance de la sensibilisation. «Il faut en parler et que tout le monde se sente interpellé», fait-elle valoir.

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