Grèves: les perturbations commencent

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Plus de 2000 employés de l'État ont tenu leur promesse, mardi, en tenant une première journée de grève en Mauricie et au Centre-du-Québec afin de perturber les activités gouvernementales.

Olivier Croteau

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Nancy Massicotte
Nancy Massicotte
Le Nouvelliste

(Trois-Rivières) Plus de 2000 employés de l'État ont tenu leur promesse, mardi, en tenant une première journée de grève en Mauricie et au Centre-du-Québec afin de perturber les activités gouvernementales.

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Les activités ont été paralysées au palais de justice de Trois-Rivières mardi matin en raison de la grève d'employés de la fonction publique.

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Les travailleurs de l'Agence du Revenu du Québec sont eux aussi membres du Syndicat de la Fonction publique et parapublique du Québec. Ils se sont joint au front commun pour tenir une journée de grève afin d'obtenir de meilleures conditions de travail. Sur la photo, on voit les manifestants face au Complexe Jacques-Plante à Shawinigan.

Stéphane Lessard

Dans ce contexte des grèves tournantes du front commun syndical, leur objectif était clair: dénoncer la lenteur des négociations entourant le renouvellement de leurs conventions collectives, le gel salarial que Québec veut leur imposer et les coupures de services.

On comptait notamment parmi les manifestants, majoritairement membres du Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), des fonctionnaires de plusieurs ministères, ouvriers, travailleurs de l'Agence de revenu du Québec et de la Bibliothèque et des Archives nationales. 

Les piquets de grève se sont tenus entre autres devant les palais de justice de la région, l'édifice Capitanal, la Place de la Mauricie, la Place des Forges, le centre de détention de Trois-Rivières et au Complexe Jacques-Plante à Shawinigan, qui abrite les bureaux de l'Agence de revenu. Les écoles anglaises de la région ont aussi embarqué dans ce mouvement de grève. 

Les manifestants ont non seulement crié haut et fort leur colère et leurs revendications devant les édifices gouvernementaux mais ils ont aussi paralysé les services en toute légalité. Ce fut le cas au palais de justice de Trois-Rivières. 

Contrairement à celui de Shawinigan où les activités ont été retardées de quelques minutes seulement, il a fallu attendre jusqu'à midi pour que les audiences puissent commencer. Les avocats, procureurs, juges, prévenus, témoins et autres ont en effet été retenus à l'extérieur durant toute la matinée en raison de la ligne de piquetage qui bloquait l'accès aux portes. 

Seuls les constables spéciaux, les adjointes à la magistrature, quelques fonctionnaires ayant pour rôle d'assurer les services essentiels, les personnes ayant des subpoena et les fourgons cellulaires avec des détenus à leur bord ont pu entrer dans l'édifice. 

Le syndicat a cependant indiqué avoir eu une belle collaboration avec la direction du palais de justice et les professionnels qui y travaillent. Personne n'a tenté de forcer la ligne de piquetage même si certains citoyens, appelés pour des causes criminelles et civiles, n'ont pas caché une certaine frustation devant cette situation. 

À la suite d'une négociation qui s'est déroulée dans l'avant-midi avec le directeur du palais de justice Michel Falardeau, le syndicat a autorisé un juge, un procureur de la Couronne et des avocats de la défense à entrer dans le palais pour les comparutions d'urgence mais ces derniers ont tout simplement refusé par solidarité ou par souci de neutralité. Ce n'est que vers midi que les gens ont pu entrer comme à la normale. 

Par contre, certains incidents sont survenus sur d'autres lieux de manifestation. Il a fallu que la police de Trois-Rivières intervienne par exemple au coin des rues Des Forges et Royale pour que les employés de Deloitte, une entreprise privée, puissent avoir accès à leurs bureaux. Une ligne de piquetage a également été forcée devant les bureaux de  la CSST sur le boulevard des Forges. Un agent de sécurité aurait eu le pied écrasé par un véhicule.

Hormis ces quelques incidents, cette première journée de grève tournante en Mauricie du front commun s'est somme toute bien déroulée selon le SFPQ. «On comprend qu'elle ait pu déranger certaines personnes mais nous n'avons pas le choix de faire des sacrifices. On ne se bat pas seulement pour nos conditions de travail mais aussi pour des services publics de qualité pour la population», a précisé Frédéric Dagenais, président régional Centre-du-Québec-Estrie-Mauricie du SFPQ. 

Le front commun des syndicats, qui regroupe plus de 400 000 travailleurs au Québec, qualifie d'arrogantes, méprisantes et insultantes les offres gouvernementales qui ont été faites. Québec propose en effet deux années de gel salarial, suivies d'augmentations d'un pour cent par année pendant trois ans. Il veut aussi faire passer de 60 à 62 ans l'âge auquel il sera possible de prendre sa retraite sans pénalité. Hier, ce sont près de 125 000 personnes qui ont utilisé leur droit de grève partout au Québec.

Toutefois, il faut s'attendre à encore plus de perturbation aujourd'hui avec la grève des travailleurs des secteurs de l'éducation et de la santé. En Mauricie, cela représente 18 177 personnes et 11 025 au Centre-du-Québec. Les écoles primaires et secondaires seront fermées. Il en va de même pour les cégeps dont les cours et activités seront suspendus. Les écoles anglaises de la région seront ouvertes aujourd'hui mais il est important de noter qu'il n'y aura pas de transport scolaire. 

Si l'impasse persiste avec le gouvernement, cinq autres journées de grève sont prévues les 12 et 13 novembre ainsi que les premier, 2 et 3 décembre.

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