Fils de Conrad Lévesque et Cécile Lizotte, ce cadet d'une famille de quatre enfants semblait prédestiné à la magistrature. Il se rappelle de son grand-père maternel qui était geôlier au palais de justice de sa ville natale.
«Jeune, le dimanche, on allait jouer dans la salle d'audience et je faisais le juge», se plaît à raconter celui qui, peut-on s'en surprendre, choisira plus tard le droit au lieu du journalisme, ou encore, de la psychologie.
D'ailleurs, après ses études secondaires à l'externat classique de Rivière-du-Loup et sa formation collégiale au Collège Sainte-Anne-de-la-Pocatière, c'est à l'Université Laval qu'il obtiendra sa licence en droit, en 1973, avant d'être admis au Barreau deux ans plus tard.
C'est à la suite d'une rencontre «avec un gars de la Mauricie» qu'il opte pour La Tuque plutôt que la Beauce afin d'y ouvrir son bureau. Et de 1975 à 1993, c'est là qu'il aura pratiqué sa profession.
Le nouveau venu ne tardera pas à s'intégrer dans le milieu, se faisant offrir par le protonotaire Lionel Fortin et Robert Bilodeau de joindre les rangs du Club Optimiste. Il en sera éventuellement président en plus de s'impliquer inévitablement dans l'organisation du Festival de chasse. Et ce même club social l'amènera à être instructeur au sein des Cadets de l'air, de 1978 à 1980.
«Je suis arrivé au bon moment», affirme-t-il par rapport à toute cette effervescence qui régnait à cette époque au sein de la communauté latuquoise.
Conscient, comme avocat en droit général, des besoins de sa clientèle féminine, il participera à la fondation d'une maison d'hébergement pour femmes victimes de violence conjugale, le Toit de l'Amitié, en compagnie de Juliette Jacob. En plus d'être membre fondateur du Club de patinage artistique Les Pirouettes de La Tuque, il sera actif pendant plusieurs années au sein de la corporation de développement économique.
Mais alors que la Ville s'apprête à fêter son centenaire en 2011, Jacques J. Lévesque aura vécu les célébrations du 75e en étant rien de moins que le président du comité organisateur des Fêtes, au milieu des années 80. Pas étonnant que le directeur général actuel, Yves Tousignant, ait voulu s'enquérir de son expérience.
Durant la même période, il sera bâtonnier du Barreau des Trois-Rivières et membre du Conseil général du Barreau du Québec. C'est finalement le 17 juin 1993 qu'il quitte sa ville d'adoption pour devenir l'honorable juge Jacques J. Lévesque, étant nommé à la Cour supérieure pour le district de Trois-Rivières.
Six ans plus tard, ce sera la nomination dans le district de Québec. C'est d'ailleurs cette année-là, en 1999, que cet amant de la nature, «le gars de Cherokee», se départira de son chalet du lac Wayagamac, à La Tuque, alors qu'il s'installe pour de bon dans la région de la Vieille Capitale.
Depuis qu'il siège à la Chambre criminelle et pénale de la Cour supérieure du district d'appel de Québec, le juge Lévesque aura présidé de nombreux procès devant jury dont les plus connus sont ceux de Francis Proulx, à Québec, cet homme accusé du meurtre de Nancy Michaud, à Rivière-Ouelle, et du clan Chayer à Trois-Rivières, pour ne nommer que ceux-là.
À son impressionnante feuille de route, on retrouve cette participation au fil des ans à de nombreux colloques pan-canadiens sur le droit criminel et ces conférences sur l'obligation pour les juges de motiver leurs décisions en droit criminel et pénal canadien.
Le père de Frédérique, qui vit maintenant à Whistler, en Colombie-Britannique, profite encore aujourd'hui de ses passages par La Tuque pour y voir des amis.
«J'ai des bons souvenirs et c'est grâce aux gens de La Tuque que j'ai été reconnu. Sans la confiance qu'ils m'ont accordée, je n'aurais jamais eu la chance d'être juge», conclut le petit-fils du geôlier.