Oui, vous avez bien lu: les Trois Accords ne sont pas invités à se produire dans un festival ou n'en sont pas les porte-parole, ils en ont organisé un. Et oui, un festival de la poutine, dans leur ville d'origine qui d'ailleurs, revendique l'invention du célèbre plat brun et beige.
«On a fait beaucoup de festivals. Et on s'est souvent moqué de tous les prétextes pour faire des festivals selon les localités. La bûche, la gibelotte... On a remarqué que rien ne rassemblait toute la province, alors on a pensé au festival de la poutine», raconte un des guitaristes du groupe, Alexandre Parr.
La poutine, un mets rassembleur, se sont dit les Trois Accords. Fidèles à l'essence des festivals québécois, les instigateurs de la fête du frites-sauce-fromage se sont appuyés sur un objet/sujet de festival pour réunir les gens et les divertir en présentant des spectacles.
Ce soir, Pépé et sa guitare précédera Éric Lapointe sur la scène tandis que demain, les familles pourront voir et entendre Shilvi à 16 h et les formations Kodiak et Omnikon en soirée en première partie du Pascale Picard Band.
La programmation du festival laisse croire que les gars des Trois Accords ont été pris au sérieux dans leurs démarches d'organisation de l'événement. Démarches auprès de la Ville, location de tentes, d'équipement de son, de toilettes chimiques, organisation de la sécurité, recrutement de bénévoles: les musiciens se sont occupé de tout.
«Oui c'est sérieux, mais avec un fond de blague», concède Alexandre Parr en parlant de l'événement que ses amis et lui ont créé. Les musiciens des Trois Accords peuvent sembler plus loufoques que conventionnels et rationnels, mais ils se sont tous impliqués dans un aspect de la conception et la réalisation du festival.
«Simon, qui a étudié en économie, s'est occupé de la comptabilité et de l'obtention des permis. Olivier, qui a une formation en droit, s'est chargé des contrats et des commandites», énumère Alexandre qui lui, formé en musique, a pris la responsabilité des bénévoles en se basant sur sa propre expérience d'implication au parc Jean-Drapeau.
«Charles s'est occupé de la location des scènes, des systèmes de son, de la technique, des loges, de l'accueil des artistes et Pierre-Luc s'occupe du restaurant», continue Alexandre. Le restaurant? Hmmm... Quel en sera le menu?
«Cette année, nous restons dans le traditionnel. Pas de saucisse dans la poutine. Nous aurons toutes sortes de sauces», décrit Alexandre. Jusqu'à quel point peut-on innover dans la sauce à poutine? pourrait-on se demander...
«La sauce à poutine est comme les grands vins. On peut dire que le vin goûte le vin, mais les connaisseurs goûtent les différences de saveurs. Même chose pour les sauces. Elles n'ont pas toutes les mêmes couleurs et saveurs... Certains y mettent des ingrédients spéciaux comme de la cannelle, des tomates, du poivre», énumère Alexandre.
Les Trois Accords ont pensé aux festivaliers qui limiteraient leur dégustation par peur de nuire à leur foie et à leur tour de taille. «On aura de petits formats pour la dégustation. Et comme dans les dégustations où on peut recracher le vin, on pourra aussi recracher la poutine», explique le guitariste. Bon appétit!
Les Trois Accords n'auront pas beaucoup d'efforts à faire pour s'intégrer à l'atmosphère et s'harmoniser au décor du Festival western de Saint-Tite lorsqu'ils y présenteront leur spectacle En beau country le 7 septembre.
Plus tôt cette année, le quintet a fait paraître un DVD de reprises de ses succès version country. Le groupe y revisite quatre pièces du premier album (Gros Mammouth Album Turbo, paru en 2004), sept du deuxième (Grand champion international de course, sorti en 2006), en plus d'en créer quatre autres.
«Ça faisait longtemps que les fans voulaient un DVD. Comme on ne fait pas les choses comme tout le monde, on aurait pu filmer un spectacle qu'on faisait déjà, mais on a décidé de faire un show que personne n'a vu», explique un des guitaristes du groupe, Alexandre Parr.
Ainsi, les hymnes Loin d'ici, Vraiment beau et Lucille ont pris des airs country tout comme Saskatchewan qui s'approchait déjà beaucoup du style. À Saint-Tite, les fans pourront entre autres entendre Ton avion et St-Cyrille-de-Wendover agrémentées de banjo, et une version de Grand champion «dans le tapis», décrit Alexandre Parr.
La guitare sèche remplacera l'électrique à certaines occasions, et le batteur du groupe troquera ses baguettes pour des balais afin d'injecter l'esprit country à la musique de la formation drummondvilloise.
Les Trois Accords n'en seront pas à leur première visite à Saint-Tite pendant son célèbre festival. «C'est comme si on était téléportés dans le Far West! Si tu arrives là sans chapeau de cow-boy, c'est sûr que tu en as un sur la tête après 15 minutes!» se souvient le guitariste.
Les Trois Accords sont nés en 1997 sous la forme d'un duo constitué d'Olivier Benoit et Simon Proulx. Alexandre Parr s'est joint à eux en 1999, suivi du bassiste Pierre-Luc Boisvert et du batteur Charles Dubreuil deux ans plus tard. C'est la chanson Hawaïenne qui les a fait connaître en 2004.