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Le patient, «grand gagnant» de la Loi 41

Selon Bertrand Bolduc, président de l'Ordre des pharmaciens... (Photo fournie par l'Ordre des pharmaciens du Québec)

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Selon Bertrand Bolduc, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec, les nouveaux actes autorisés par la loi 41 sont en droite lignée avec le nouveau rôle des pharmaciens, qui encadre davantage le patient.

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(Québec) Depuis le 28 juin 2015, les pharmaciens ont obtenu le droit d'exercer sept nouvelles activités. Ce changement dans la profession, rendu possible par l'adoption de la loi 41 par l'Assemblée nationale du Québec, se veut une manière de désengorger le système de santé en laissant une plus grande liberté de pratique aux pharmaciens.

«Le grand gagnant là-dedans, c'est le patient», croit Jean Thiffault, président de l'Association des pharmaciens propriétaires.

Depuis l'entrée en vigueur des nouvelles activités, les pharmaciens peuvent prolonger ou ajuster une ordonnance; prescrire des analyses de laboratoire, un médicament qui ne nécessite pas d'ordonnance ou pour une condition mineure; substituer un médicament en cas de rupture de stock et administrer certains médicaments.

«Dans plusieurs situations, le pharmacien savait exactement ce qui devait être fait, mais il n'avait pas l'autorité légale de porter l'acte», explique-t-il.

Longues négociations

La loi a pris près de deux ans avant d'être mise en place. Les nouveaux services devaient d'abord entrer en vigueur le 3 septembre 2013, mais les négociations entre l'Association des pharmaciens propriétaires et le gouvernement du Québec ont pris plus de temps que prévu.

La dissension portait surtout sur le remboursement de ces nouvelles activités et sur la facturation. Au moment où les services sont entrés en vigueur, en juin, la question de la facturation n'avait pas encore été entièrement réglée.

«Ç'a été fait de façon graduelle. Entre le moment où ça a été accordé aux pharmaciens et le moment où les assureurs ont commencé à couvrir le service, il y a eu beaucoup de temps [qui s'est écoulé]», raconte M. Thiffault.

L'assurance-médicaments de la Régie d'assurance-maladie du Québec a commencé à rembourser les frais encourus par le service (environ 16 $) après le mois de juin et il a fallu attendre novembre avant que les assureurs privés ne se mettent de la partie.

«Ça fait longtemps qu'on l'attendait, au Québec. Ça fait longtemps qu'on sait que le pharmacien peut être une ressource additionnelle pour aider à l'accès aux soins de santé», exprime M. Thiffault.

Les nouveaux actes permettent de soulager le système de santé. Par exemple, si une patiente souffre d'une infection urinaire et qu'elle a déjà consulté un médecin auparavant pour cette même condition, elle n'aura pas besoin de consulter à nouveau un médecin pour obtenir une prescription en pharmacie.

«Lorsqu'on connaît déjà notre bobo et qu'on l'a déjà eu, ou quand on veut prévenir un problème, comme la diarrhée du voyageur, on n'a pas besoin de voir un médecin pour ça», précise Bertrand Bolduc, président de l'Ordre des pharmaciens du Québec.

La prescription par le pharmacien permet aussi d'avoir un remboursement de son assureur.

Prescripteur responsable

«Par contre, en faisant cela, le pharmacien devient prescripteur, [...] il devient responsable», soulève M. Thiffault.

Pour un patient qui souffre d'une condition chronique, la visite en pharmacie pourra lui éviter une visite à l'urgence ou dans une clinique de sans rendez-vous s'il n'a pas pu obtenir un rendez-vous avec son médecin avant la fin de sa prescription.

«Si vous êtes stable et que tout va bien, on peut prolonger la prescription jusqu'à douze mois», souligne M. Bolduc. Le médecin peut aussi ajuster une ordonnance, par exemple pour un problème d'hypertension, afin d'atteindre une pression cible déterminée par un médecin.  

Mais attention, toutes les conditions ne sont pas admissibles à ce traitement. Dans plusieurs cas, un suivi reste nécessaire. Si le pharmacien demeure la référence en ce qui a trait aux médicaments, le médecin est l'expert du diagnostic.

Substituer un médicament en cas de rupture de stock se fait plus rarement. Pour ce qui est d'administrer un médicament pour montrer au patient comment le prendre par lui-même, M. Bolduc indique qu'une formation sera nécessaire pour les pharmaciens avant que cet acte ne soit pleinement autorisé.

Nouveau rôle de coach

Selon le président de l'Ordre, ces nouveaux actes sont en droite lignée avec le nouveau rôle du pharmacien, soit celui de coach auprès du patient, plutôt qu'un distributeur de médicament.

Selon M. Bolduc, ce rôle de coach est facilité par le lien de proximité entre le pharmacien et son patient.

«Il n'y a personne qui se demande s'il pourra voir son pharmacien dans la journée», affirme-t-il. «L'accessibilité est là, la compétence est là et la confiance est là. Et les nouvelles activités nous permettent d'aider les patients encore plus.»

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