Une bête fantastique, un lieu qui renaît

Le «coqlicorne» est un animal fantastique, imaginé par le plus grand peintre de... (Pierre Jury, LeDroit)

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Pierre Jury, LeDroit

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Pierre Jury
Le Droit

Le «coqlicorne» est un animal fantastique, imaginé par le plus grand peintre de l'histoire de l'Outaouais, Jean Dallaire. Le coqlicorne est maintenant aussi un bistro sympathique au coeur du Vieux-Hull.

Bistro CoqLicorne,

59, rue Laval,

Gatineau, QC.

819-205-4344

www.facebook.com/ BistroCoqLicorne

Cote Jury 15/20

 

Le coup d'oeil n'est pas anodin; il est en fait assez bien réussi, et plusieurs éléments du menu sont autant de clins d'oeil à l'histoire locale.

Le CoqLicorne a établi domicile rue Laval où pendant plusieurs années s'affichait Fleur de sel, un restaurant de cuisine semi-végétarienne (pas de viande, mais oui au poisson) qui a fermé ses portes l'été 2012. Après un court flottement, les patrons du CoqLicorne, Emmanuel Kohan Croteau-Benoit et Isabel Thériault, ont totalement métamorphosé l'endroit qui a l'air beaucoup plus grand maintenant.

Ouvert que depuis décembre, le CoqLicorne semble déjà avoir été adopté par une faune locale dans la vingtaine sans doute attirée par le fait qu'on peut y prendre une consommation et/ou y manger un repas complet, au goût. Soyez donc avertis que le restaurant affiche régulièrement salle comble, tant le midi que le soir.

Succès immédiat

Ce succès assez soudain a de quoi rassurer les proprios... et donner l'envie à d'autres de les imiter, peut-on espérer. Car Gatineau, après un passage à vide de plusieurs années où les bonnes tables fermaient les unes après les autres, commence à redevenir un endroit pour bien manger. Rappelons les adresses qui marquent cette embryonnaire renaissance afin de les encourager à poursuivre. Parmi elles, Odile (Cote Jury 16,5/20, septembre 2012), Gy (Cote Jury 16/20, octobre 2009), Brut Cantina Sociale (Cote Jury 16/20, septembre 2012), Le Tartuffe,etc.

La stratégie du menu du CoqLicorne est simple: salades, sandwiches, grillades et nachos. En parallèle, et de plus en plus, des petites assiettes de dégustation, des tapas maison qui devraient se multiplier au fil des semaines.

Le tout à des prix raisonnables, à des lieues de ce que certains établissements branchés d'Ottawa osent exiger. Le CoqLicorne demande 6 à 8$ pour ses tapas, pas 8 à 12$. Sa soupe du jour est à 4,50$, pas 6 ou 7$.

Du goût

Le coefficient de difficulté, et là où le CoqLicorne se démarque encore mieux, c'est dans les éléments constitutifs de ces assiettes. C'est là que le goût de cette cuisine s'illustre, même: un effiloché de porc («pulled pork») bien fait, des côtes levées tout aussi méritantes, humus, sauces et soupes maison, avec les pains supérieurement goûteux de la boulangerie Art-is-in, les thés de la maison hulloise Cha Yi, les cafés de la coopérative La Tierra, et les saucisses de la chaîne William J. Walter.

Cet effiloché de porc se retrouve ainsi en garniture de sandwich (Le «grognon» du Vieux-Hull, 8,50$) et sur des «nachos grognon» (14,95$). La chair est moelleuse, pas trop sucrée, un bel équilibre.

La maison s'inspire de la cuisine mexicaine avec sa version du «chile relleno», ou poivron farci (6$), proposé dans son menu tapas ce jour-là. C'est simple, un poivron évidé, fourré de viande hachée grillée et de quelques épices, puis cuit au four: mais c'est bon et on se demande pourquoi d'autres restos à tapas n'y ont pas pensé plus tôt.

Un crème aux artichauds, très riche, est merveilleuse et offre l'occasion d'apprécier les pains d'Art-is-in.

La soupe borscht (4,50$), une recette d'Europe de l'est qui met la modeste betterave à l'honneur, illustre bien qu'il y a en cuisine une expertise qui n'est pas à dédaigner. Le goût particulier de ce légume est bien travaillé, légèrement camouflé dans ses aspérités. Simple comme recette, mais très bien livré.

Quelques bémols

Malheureusement, les impressions très positives du repas s'estompent à l'heure des desserts. Drôle de trouver une crème brûlée (5,95$) aussi ratée, même dans sa version la plus simple, à la vanille. L'appareil, c'est-à-dire le mélange crémeux qui forme la base de ce dessert réputé, est farineux, pâteux, sans finesse. Et la vanille? En bouteille, probablement. L'autre dessert, un chausson aux pommes (4,95$), n'est guère mieux. Pâteux lui aussi, parcimonieux avec la garniture de pomme. Avec une noix de crème fouettée en aérosol comme décoration.

Le CoqLicorne est un peu victime de son succès. Le personnel ne semble pas avoir l'expérience de ce métier méconnu de serveur. Si les erreurs sont nombreuses, elles ne sont pas graves et la bonne humeur des personnes, malgré l'affluence qui le déborde, compense un peu pour tout ça.

Enfin, notons la volonté de la maison de proposer une sélection de bières et de vins d'intérêt. Une microbrasserie est mise en évidence à chaque saison: cinq brassins de l'Alchimiste de Joliette, ces mois-ci, plus quelques bières en fût et en bouteille, et des vins. Cinq blancs, par exemple, entre 24 et 36$... la bouteille!

Pour deux personnes, prévoyez entre 40 et 50$, plus taxes et service.

RÉSULTATS

CUISINE : 7,5/10

SERVICE : 4,5/6

DÉCOR : 3/4

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