Brasserie Ste-Marthe: lueur culinaire à Orléans

Il y a plusieurs belles choses à dire à propos de la Brasserie Ste-Marthe, à... (Simon Séguin-Bertrand, LeDroit)

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Simon Séguin-Bertrand, LeDroit

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Pierre Jury
Le Droit

Il y a plusieurs belles choses à dire à propos de la Brasserie Ste-Marthe, à Orléans. D'abord, que les gens d'Orléans méritent mieux que du «fast food» et des restaurants ethniques pour la plupart assez ordinaires. Ils ont maintenant une petite salle à manger conviviale qui pourrait vite devenir un lieu de convivialité dans la partie est d'Ottawa... au-delà d'un des Tim Horton's du coin.

Brasserie Ste-Marthe,

3095, boul. Saint-Joseph, unité 503, Ottawa

613-424-9199

stmarthasbrasserie.com

Cote Jury 14/20

 

Ouvert tous les jours de la semaine, en plus. Jusqu'à 22 h.

Non seulement l'endroit est accueillant, mais on y mange assez bien. Sur une demi-douzaine de plats essayés lors d'une récente visite, la plupart était raisonnablement bien réussis. Certains même très jolis.

Et puis il y a des choses à dire qui sont un peu moins gentilles. Pas méchantes, juste moins gentilles. Comme le fait qu'une brasserie, si elle veut en porter le nom, ne devrait pas se limiter à cinq bières en fût, dont trois locales, et 11 bières en bouteilles, dont une seule de la région! Il y a une marge entre en tenir des centaines comme L'Autre oeil et Pub Italia... et en avoir à peine plus que le bon petit restaurant de quartier!

Le sens de «brasserie»

Pourtant, les gens derrière la Brasserie Ste-Marthe savent très bien ce qu'est une brasserie. Ils le disent même dès la première phrase de leur texte de présentation, au début du menu: «Historiquement, une brasserie est un endroit où on brasse de la bière.» Pourquoi ne pas en avoir plus, et davantage les mettre en valeur? Surtout que les compétiteurs ont les crocs acérés, depuis deux ou trois ans.

Pendant longtemps, à Ottawa ou en Outaouais, une brasserie n'était plus un endroit où on brasse de la bière mais un établissement où on en vendait. Et où l'on admettait les dames - par opposition à la taverne, où les dames étaient à l'époque interdites d'entrée. Mais grâce aux Brasseurs du temps, notamment, la région a redécouvert son potentiel brassicole. Aujourd'hui, les brasseries qui brassent et servent à manger se multiplient: Mill Street Brewpub, Big Rig, les Trois brasseurs, la chaîne Clock Tower et bientôt, Gainsbourg.

Ste-Marthe, en s'affichant comme brasserie, supporte mal la comparaison à ce chapitre, donc. Son site Internet affiche de belles photos appétissantes... de vin, et d'aucune bière. Peut-être que l'endroit est tout simplement mal nommé?

Quiconque n'est pas familier avec le secteur Orléans trouvera la brasserie Ste-Marthe à l'ombre de l'ancien cinéma Empire (rebaptisé Mayfair), boulevard Saint-Joseph, presqu'à l'intersection du chemin Tenth Line. L'endroit est nouvellement aménagé et ça sent encore le neuf. Ce n'est pas très grand, une quarantaine de places environ dont plusieurs ont vue sur une cuisine ouverte, et la décoration sommaire. Encore là, rien qui ne rappelle un temple du houblon.

Produits locaux

Une assiette de «tapas Ste-Marthe» arrive (19 $): fromage Parmegiano, olives, jambon style Bayonne, cornichons, cheddar vieilli, quelques légumes et quelques bouchées de bavette de boeuf. Il y a une certaine recherche dans tout ça mais disons que ce n'est pas tout à fait au point, côté mariage des goûts. On ne sent pas non plus la recherche de produits locaux, qui est mise en valeur dans d'autres plats. Notons les mentions originales qui sont faites aux viandes de la boucherie Lavergne, au fromage en grains de Saint-Albert, au sirop d'érable de la ferme Proulx, au boeuf de Fitzroy Harbour, etc.

Le confit de canard (20 $) - qui étonnamment ne vient pas de la ferme Mariposa, mais des Cantons de l'est - est sans contredit la plus belle composition de la soirée. Une assiette très rectangulaire, très moderne... pour une spécialité très classique. La cuisse confite à un bout, sur des pommes de terre fromagées, et une salade verte bien fraîche de l'autre. On préférera la peau plus croustillante, ce qui aurait nécessité un rapide passage au four que les cuisiniers appellent une salamandre. La chair est moelleuse à souhait. La bavette de boeuf (20 $) arrive cuite exactement, c'est à dire... pas trop. Les frites, annoncées de type belge (longues et minces), gagneraient à être plus croustillantes.

En français

Le gigot d'agneau (22 $) est plus tristounet. On imagine la viande sur l'os, la portion généreuse: le tout arrive déjà désossé, un peu sec. Avec une généreuse portion de purée de panais (!) et quelques choux de Bruxelles, l'ensemble est assez ordinaire, somme toute. Quant à la ratatouille (12 $), elle ressemble plutôt à une quelconque soupe épaisse aux légumes. Rien à faire rêver.

Le menu propose aussi quelques pizzas à croûte mince, en portions individuelles (13 à 15 $).

Le seul pain sur la table sera un focaccia ordinaire. Accompagne-t-il les tapas à l'entrée? Peut-être. Oh, les amandes grillées qui arrivent avec sont bien plus intrigantes... et accoutumantes.

Le service est sans façon, simple et efficace. Et en français, comme le menu. Il faut le souligner, ce n'est pas toujours évident. Bravo pour le souci.

Maintenant, pour le nom. Bistro au lieu de brasserie, ça ne serait pas plus approprié? Et pourquoi immortaliser Sainte-Marthe, la soeur de Marie-Madeleine? Le bistro Orléans, voilà qui aurait l'avantage de mieux situer l'établissement, non?

Pour deux personnes, prévoyez entre 40 et 50 $, plus taxes et service.

RÉSULTATS

CUISINE: 7/10

SERVICE: 4/6

DÉCOR: 3/4

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